samedi 14 février 2009

Échelle musicale de la haine

Douleur ! En pensant à toi je
Regrette la haine adoré.
Mieux serait de pourrir tous ensemble.
Faudra-t-il que j'y rêve ?
Solution exécrable, c'est vrai mais,
Las comme je suis, cette idée
Siffle dans mon âme pour causer
Douleur !

O. Valvos

Entre les Dieux et moi même

Tu viens Bacchus, mon ami,
Me prendre par le bras ?
Me conduire vers le ciel ?
Vers la gloire ?
Jamais avec toi,
Les vers ne furent si rouges
Si détachés de la vie
Des mortels ...

Et toi, Vénus,
Vieille rivale,
Promeneuse des tentations
Et des rêves maudits
Qui détruisent mon âme,
T'apparais devant moi
Comme une pauvre Vierge,
Comme une Marie,
Mais moi c'est Ève que j'aime.

Je ne prendrais
Plus jamais
Aucun de vos bras.
Je m'enterrerai
Tout seul
Sous Saturne
Guide de l'espoir
Que, j'avoue,
Je cherche depuis longtemps.

O. Valvos

jeudi 12 février 2009

Le paradis du troubadour

Tu tomba, troubadour,
Loin de la terre,
Loin des humains,
De ceux qui ne voient
Que d'histoires quotidiennes.
Personne ne peut te pleurer,
T'était trop poète pour ce monde.

À présent tu gît
Ô mon chanteur
De vielles histoires
Sur un rocher infernal,
Et te voila à chanter
Des vers pour Lucifer
Qui comme toi
Se vit tomber du ciel
- Ô Prométhée-
Pour avoir la connaissance
Du bien et du mal.

Chante joyeux ses gestes
Lui et les pécheurs
Condamnés à jamais
Entre flamme et glace
T'écouteront chanté
Jusqu'à la fin des temps,
Troubadour insatiable
Poète du présent.

O. Valvos

Hommage à Léonard Cohen


Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she's half crazy
But that's why you want to be there
And she feeds you tea and oranges
That come all the way from China
And just when you mean to tell her
That you have no love to give her
Then she gets you on her wavelength
And she lets the river answer
That you've always been her lover
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that she will trust you
For you've touched her perfect body with your mind.

And Jesus was a sailor
When he walked upon the water
And he spent a long time watching
From his lonely wooden tower
And when he knew for certain
Only drowning men could see him
He said "All men will be sailors then
Until the sea shall free them"
But he himself was broken
Long before the sky would open
Forsaken, almost human
He sank beneath your wisdom like a stone
And you want to travel with him
And you want to travel blind
And you think maybe you'll trust him
For he's touched your perfect body with his mind.

Now Suzanne takes your hand
And she leads you to the river
She is wearing rags and feathers
From Salvation Army counters
And the sun pours down like honey
On our lady of the harbour
And she shows you where to look
Among the garbage and the flowers
There are heroes in the seaweed
There are children in the morning
They are leaning out for love
And they will lean that way forever
While Suzanne holds the mirror
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that you can trust her
For she's touched your perfect body with her mind.

Léonard Cohen, Suzanne, 1967.

lundi 9 février 2009

Le puit de l'Espagne

Au Nord de l'Espagne il y a un puit. Tout le monde croit que c'est un puit de désirs. Et l'argent au fond coule et coule, le puit est riche et personne ne réalise ses désirs ... Et cependant, voilà l'ami à Héliogabale, l'ancien prince des poètes maudits, celui par tous aimé par tous haï, lui il comprend, il comprend que ce n'est pas de l'argent que cherche le puit, que c'est un cœur, un cuer, beau, sage, éternel. Le poète, pour voir ses désirs se faire réalité y jeta son cœur. Dommage. Il ne comprit pas, même en étant poète, la métaphore trop simple du cœur. À présent il gît, embrassant le puit entouré de son sang, et il sourira à jamais en voyant ses désirs se faire réalité.

O. Valvos

dimanche 8 février 2009

samedi 7 février 2009

9m² de pluies immobiles

ami si tu viens
chez moi ne souris pas
j'habite en la brume
9m² de pluies immobiles

je connais beaucoup
je n'ai que quelques
personnes qui eux
en ont beaucoup

je casse
ici on ne meurt pas
on ne survit pas
on ne vit pas
ici on plane
mais pas très haut l'ami
de quoi faire
de quoi faire quoi ?
de quoi y répondre
déjà

pas de romantique
la liberté au crayon
les chiens au lit
les rires aux souvenirs

ami si tu viens
chez moi ne souris pas
j'habite en la brume
9m² de pluies immobiles

je re-nais beaucoup
sans trop mourir
en sachant trop
la fausse vérité
que l'esprit
impose à raison

pas de ville sans nom
plus de route que
de rue bondée
par ces autres
trop pareil pour l'estime
mais sache

ami si tu viens
chez moi ne souris pas
j'habite en la brume
9m² de pluies immobiles

pas de sexe sans cause
pas de faux sans raison
plus que du sang dans mes cafés
mes suicides passagers
ma clope sage de son
siège au grand âge

ho l'ami pas d'ami
sans être soi et d'autres
dieu sans partage
couleur sans chrome
des miettes à croquer
pendent sur les lumières
humides de la ville
en deuil de nom

ami si tu viens
chez moi ne souris pas
j'habite en la brume
9m² de pluies immobiles
Joseph.K

Dialogue de soûls


1-"ça n'y changera rien
la mort ruisselle sans nous"

2-"ouais... j'suis dingue..."

1-"...d'elle, putain !"

2-"pourquoi parles-tu ?"

1-"pourquoi penses-tu ?"

2-"tu l'as vu dans le noir
tu as vu qu'elle sourit aussi"

1-"je me fous de son sourire
je ne veux que"

2-"qu'est-ce qu'elle veut ?"

1-"espoir roc"

2-"t'es qu'un no-mans-land !"

1-"oui ? alors tu n'existes plus"

2-"chut"

1-"je"

2-"suis"

1-"seul"

Joseph.K

vendredi 6 février 2009

Buvant sous le soleil

Je te vois sortir
Ô mon ennemi implacable
Ô astre, lumière de la terre.
Et je te hais
Tu détruis la nuit
Mon repos
Ma joie
Mes petits rêves
D'amour épris.

Toi, qui le matin
M'obliges à vivre
Tu ne comprendras jamais
Mon sourire quand tu disparais.

Toi, tueur d'étoiles,
Je préfère leur lumière,
Si simple
Si humble
Fraîche
Pure
NOIRE.

Mais je te contemple,
Impassible,
En attendant
L'heure, où tu mourras...

Ô ami implacable
Je ne veux
Qu'être naïf
Aussi, sous toi.

O. Valvos

Hommage à Li Po

Tous trois amis des nuages et des brumes,
Leur droiture dépasse celle des grands pins.

Li Po, L'immortel banni sur terre buvant seul ... , VIIIème siècle.

Hommage à Michel De Montaigne

Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiez, ce ne sont qu'accoinctances et familiaritez nouées par quelque occasion ou commodité par le moyen de laquelle nos ames s'entretiennent. En l'amitié dequoy je parle, elle se meslent et confondent l'une en l'autre d'un melange si universel, qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les as jointes. Si on me presse de dire pourquoy je l'aymois, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en respondant : Par ce que c'estoit luy ; par ce que c'estoit moy.
Il y a, au delà de tout mon discours et de ce que j'en puis dire particulierement, ne scay quelle force inexplicable et fatale mediatrice de cette union. (...) Anostre premiere rencontre, qui fut par hazard en un grande feste et compagnie de ville, nous nous trouvasmes si prins, si cognus, si obligez entre nous que rien des lors ne nous fut si proche que l'un à l'autre. Il escrivit une Satyre Latine excellente ...

Michel de Montaigne, De l'Amitié, 1580.

mercredi 4 février 2009

...

...

dimanche 1 février 2009

Je me dirais fantôme


il arrive que s'entrechoquent les bras d'une femme après les yeux,
[ mais cela c'est pour les autres
il arrive que le vent dépasse le lien et que l'antre
[ se nargue
l'ennuie qu'admet le corps tremble le temps ; robe. robe. grise par ironie

tu n'y peux rien Faustine ; c'est le temps accéléré qui nous est collé ; il semblerait que l'arrivé de ce nouveau mille ait fondu le culte que fut l'avant en ruines de sueur, comment peux tu bien m'aimer de tes doigts, de tes lèvres - Ô lips - si le temps glisse ton âme dans ses bras longs et froids ; moi je peux t'adorer de tout l'être qu'il me reste, je suis né
souvenir
si tes lèvres n'eut pas prouvé ma chair
je me dirais fantôme
et rien ne se passe sous le drap mais
merci
bon grès de ma source mal grès nous


Joseph.K

L'ineffable



est nécessité de dégager
cette folie ardente
par les mains ancrées
en un corps subit


Joseph.K


mardi 27 janvier 2009

Mon rêve

J'ai fait
De mon rêve
Un réel.
Du beau
Du sublime
J'ai mis de la merde
Dans les étoiles.


O. Valvos

dimanche 25 janvier 2009

...

....

Incipit "La Sapinade"

Et voilà, ô âmes inquiètes, l'incipit, les 19 premiers vers de "La Sapinade".


Chant 1

Aidez-moi ô beaux Duendes* à narrer l’aventure
De ce mythique héros, ami des fleurs arctiques,
Le puissant Sapin Bleu, défenseur des laïcs,
Colon des narrations d’un monde encore obscur.

5 Au commencement Dieu fit le ciel et la terre
Mais Sapin Bleu et les siens vivaient depuis longtemps
Au monde des laïcs. Une vie éternelle
Donnée par les athées, race étant hors du temps
10 Grâce aux pures croyances. Yahvé leurs parla ainsi :
« Venez avec moi ingrats, et je vous donnerai
Le précieux don du temps. Soyez mortels petits,
Mortels et heureux à jamais. » Et comme ça mourait
La plus grande partie des anciens Sapins Bleus
15 Dont la couleur d’espoir et une vie paisible
Teint à présent ses feuilles. Un se sauva tout seul,
Il ne fut pas tenté par Yahvé l’hérétique,
Il fut dès ce moment Sapin Bleu tout puissant.


O. Valvos

*"Pour chercher le duendes, il n'existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu'il brûle le sang comme une pommade d'éclats de verre, qu'il épuise, qu'il rejette toute la douce géométrie apprise, qu'il brise les styles, qu'il s'appuie sur la douleur humaine qui n'a pas de consolation."
Federico Garcia Lorca

samedi 24 janvier 2009

Troisiéme lettre à Bioux Amis

Cher Bioux Amis,


Oublie ta jeunesse.
Je t'écris de mon vélo et je n'aime pas le vent. Je comprend qu'être unique ne suffit pas quand une moto se glisse à ma droite. Bioux, je n'ai pas de vélo mais j'ai fait un rêve, un rêve sans images, un rêve de paroles, une voix rauque et fatiguée, pleine de fumée, voici ces mots :

" Dans le wagon des jeunes gens que l'on aime mirer comme pour, seulement pour se rassurer d'être soi, un soi conscient mais flottant. C'est là entre quelques brouhahas flous et fous, entre deux sièges de première classe, au milieu des fumées de clopes roulées par réflexe et fumées comme telles. C'est là que tu la vois pour la première fois et tu sais déjà quelque chose d'elle : elle est dans le même train et, par le hasard des astres ennuyés du vide, dans le même wagon. Tu remarques l'expression de son bonheur tangible, elle sourit comme elle fronce des sourcils tranchants puis saignants. Tu sens sa douleur à travers son regard, la haine qu'elle transmet au grès d'elle et seulement elle. Tu lui parles et parfois elle te répond, jamais ce que tu veux. En l'espace de syllabes douteuses à l'agencement d'une mémoire qui ne compte plus, tu effaces tes souvenirs pour naître devant elle. Elle t'emprisonne sous ses cheveux noirs. C'est tout son art et tu le sais, que tant qu'à ses pieds elle est prison de fer, mais qu'à ses lèvres c'est liberté qui chante, et pas la Marseillaise, non à ses lèvres c'est Melody Nelson qui frotte ses ongles de velours sur un tableau en plume. Tu goutes à ses lèvres, tu goutes et seulement. Tu ne sais plus si tu es encore dans le train, tu ne sais pas si tu y a déjà été, si ce train n'était pas ta métaphore, ton excuse pour la voir, elle et seulement elle. Tu te ballades pour penser à elle sur le béton que respire tant, tu te ballades mais elle ne pense pas à toi. Elle te sait, elle se suffit de cela, et tu jalouses sa véracité brune. Brune, elle est la seule brune au monde. Tu te fous de l'aimer, elle est ta passion. Tu veux juste dormir à ses cotés, mais elle s'en fout tellement, tellement. Elle te sait, elle se suffit de cela. Alors, tu prends ton siège à tort et à travers et l'installe face au sien, celui qu'elle ne quitte jamais. Tu la regardes dans les yeux et lui dis tout par l'iris. Elle s'en fout, elle te sait. Tu attends, tu attends qu'elle t'embrasse. Elle s'en fout, tu le sais. Tu t'en fous, tu attends. Ho ! tu as raison, le voyage est long et il n'y a qu'elle, le train est lent, les vitres opaques, et tu n'as pas composté ton billet. Tu choisis ton sort. Embrasse-le petite, il crève. Tu le sais, tu t'en fous. Où es-tu ? "

Es ce toi Bioux qui me parle ?
Je pense à Gaïa, mais pas à ses fils,
Joseph.K

Post Scriptum : Merci de m'avoir parlé de Faustine.



vendredi 23 janvier 2009

Tableau boucolique

Au milieu du champ, un énorme tableau reflétait l'absurdité de la vie. Le jeune Homère, entre la brume hyperréaliste de la peinture, écoute fasciné les histoires de Kafka. De l'autre côté un homme regarde avec génie le trou au sol qui conduit au paradis, derrière lui Sade se propose de le pousser dedans. Cette scène d'énorme talent et vite "composée" dans une mélodie chaotique par les doigts nerveux de Wagner. Son chevalier, derrière lui, cherche la raison de son existence, il va savoir plus tard que la réponse n'est que du feu glacial (un feu amoureux peut-être ? Surement non, mais la réponse à cela n'est pas dans le tableau).
Une chose frappe dans ce tableau, on aperçoit tous ces détails, même s'il n'a pas de forme ou de couleur.

Au milieu du champ, les bioux peignent une véritable réalité.
O. Valvos

Deuxiéme lettre à Bioux Amis


Cher Bioux Amis,

Je me dois au temps, c'est une dette en poussière de feu. Mon horreur c'est le nombre. Je compte. Je sais les 24 heures d'un jour, les 365 jours d'un an, et le peu d'années que l'humain s'est réservé. Outre ces limites ce qui est fer rouge sur peau c'est la fixité, savoir les chiffres, quand on sait que minuit sonnera dans 10 secondes ne comptons-nous pas ? J'affirme que si la vie n'était pas plus ou moins relative, si nous prenions connaissance de l'instant de notre mort nos vies ne seraient que décompte.
Alors il y eut Dieu. Mais moi, cher Bioux, je n'ai de Dieu, alors je dois vivre avant lui. Peut-être est-ce toi O Bioux, mon Dieu, le bout de ma plume imaginaire. Le mystique n'est-il pas une réalité pour soi et seulement ? Bioux, mon mystique.
Je t'ai demandé de percer, ce n'est toujours pas fait par ailleurs, et bien compte maintenant, aussi.
Fais de moi du palpable,
Bien à toi, à moi

Joseph.K

Post-Scriptum : Fais moi penser à te parler de celle que je nomme Faustine.