mardi 30 juin 2009

No Man's Land

mais pour qui m'ont-ils pris ces lassés des notes,
et apriori,
ici, mieux vaut être ce clebs mi-mort à l'errance en fuite
pac'que
ho
le diable gangrène, hurle en femme de cristal
les annexes en cibles,
et je me prétends,
et je prétends à moi-même,
frappe, autant, l'été, miné, à crier,
attendant, diable,
VIENS !
VIENS !
VIENS !
ici, maintenant, j'y fus,
poison sel d'un blanc illuminé des horizons noirs et gris et sans
nuage

Joseph.K

mardi 23 juin 2009

Un peu de mort à s'échanger les matins en pluies


, elle sentait comme les couleurs, quand elle demandait pourquoi d'un regard, bleu comme ses seins, elle est ce dessin de mes préambules, puis se penchait si cruelle ;
c'est qu'elle avait le sublime des photos et du bruit, les yeux baissés les rides graves,
et de l'espace, et des sens, puisque toute, toute femme n'est qu'au présent, Faustine est morte au bagne,
et qu'on ne distingue les temps, 
entrons dans l'antre
du roi de la montagne.

Joseph.K

...

...

lundi 22 juin 2009

Dans la fontaine de vie plaisante

En arrivant à la fontaine de vie plaisante, Arlequin y alla boire.
Destin fatal, il s'y noya.
La métaphore est imprégnée de son sang.
Le seul à pouvoir brûler le théâtre
Mort noyé dans la fontaine de vie plaisante.

Moi, je regarde de loin, la fontaine de vie plaisante,
Et je ne m'y approcherai pas,
Faute de tomber dans une mort fatale,
La mort de la vie plaisante.

O. Valvos

jeudi 18 juin 2009

Hommage à Louis-Ferdinand Céline

En quelques mois ça change une chambre, même quand on n'y bouge rien. Si vieilles, si déchues qu'elles soient, les choses, elles trouvent encore, on ne sait où, la force de vieillir. Tout avait changé déjà autour de nous. Pas les objets de place, bien sûr, mais les choses elles-mêmes, en profondeur. Elles sont autres quand on les retrouve les choses, elles possédent, on dirait, plus de force pour aller en nous plus tristement, plus profondément encore, plus doucement qu'autrefois, se fondre dans cet espèce de mort qui se fait lentement en nous, gentiment, jour à jour, lâchement devant laquelle chaque jour on s'entraîne à se défendre un peu moins que la veille. D'une fois à l'autre, on la voit s'attendrir, se rider en nous-mêmes la vie et les êtres et les choses avec, qu'on avait quittées banales, précieuses, redoutables parfois. La peur d'en finir a marqué tout cela des ses rides pendant qu'on trottait par la ville après son plaisir ou son pain.

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932.

mardi 16 juin 2009

L'borgne


C'qu'elle avait l'regard comme la voix d'Nina Simone tu vois,
p'tain mais un truc beau comme une charogne.
il craignait, plus que tout, de la revoir ; il se moquait de lui parler, la sentir ou la gémir ; mais la revoir c'était retomber d'en bas ; c'était vertical, presque borgne,
Ouais pa'c'que dans l'troisième giron du septième cercle on y fout bien les intello' pas loin des lépreux.
c'est vrai qu'elle était belle, son charme émanait du mystère qu'elle nourrissait à cacher la couleur de ses yeux et de ses cheveux ;
C'fou ça ! 'peux plus les blairer les couples, y m'dégouttent, j'me dis, tu vois, qu'c'est forcément des cons, si i's' marient c'est bien qu'i z'ont pas compris c'que c'est qu'l'amour.
de ces derniers elle cachait aussi la longueur ; mais lui aussi était beau, si grave dans l'alliance aux allures d'étreinte, de sa mâchoire aux sourcils ; on perçait dans sa beauté l'aide forcenée de la cocaïne
I'z'osent pas s'le dire les gens, p'tain de conventions, pire qu'la gangrène l'bordel, mais j'te l'dis moi, et r'garde j'bombe le torse, j'sais qu'j'ai raison plus qu'tout, l'amour c'est dans l'cul, dans la baise tu vois, là ouais, j'te jure, j'en chial'rais tellement qu'c'est beau un coup d'un soir, c'est ça t'vois la vrai égalité sexuelle, faut l'intégrer mais c'pas simple, ça prendra l'temps, comme la médecine
il avait ce don étrangement singulier de mélanger en tout propos naïveté et véracité ; c'était alors un peu les deux pêchés principaux ; voilà pourquoi sa chambre était si vide et blanche, pourquoi sa seule fenêtre était en fers verticaux, et pourquoi ses discours, c'est bien à moi qu'il les faisait ; j'étais, je crois, le seul à le comprendre, il n'était pas fou,
personne ne le comprenait,
personne d'existant
l'infirmière incolore qu'il aimait tant entra au ralenti, seringue collée à la cuisse, comme il aimait
- Bonjour ! Comment vas aujourd'hui ?
P'tain qu'ça va quand j'te vois ! j'ai trés envie d'toi, t'sais, vraiment, 'faudrait qu'on fasse l'amour, et puis pour qu'j'puisse t'oublier aussi.
- Tu joues encore au taciturne je vois.
Et v'là j'le savais, elle m'entend jamais, pourquoi ils m'entendent pas p'tain !
- il était ravagé par son mutisme, il n'était pas fou
- ha ! Tu parles ! Qui donc n'était pas fou ?
- j'étais, je crois...
- Te voilà qui murmure encore ! Je repasserais plus tard.
-...le seul à le comprendre, il n'était pas fou ; elle ferma la porte, au ralenti, seringue collée à la cuisse, comme il aimait ; j'étais, je crois, le seul à le comprendre,

Joseph.K

lundi 15 juin 2009

dimanche 14 juin 2009

Plainte


Souviens-toi d'moi quand tu s'ras vide. Moi j'étais en toi, mais te souviendras-tu seulement d'moi autrement qu'un instant passé ? Moi j'me souviens d'toi et d'ton folk embrasé qui f'sait miroiter les entrailles et s'embrassaient en pagaille quand tu f'sais rimer tes rires aux échos et tes pupilles, cette sorte de blues saphir qu'élogiaient par devoir et fista les fers englués des harmonicas. Souviens-toi d'moi comme celui-là seul, par un choix déchu, t'ayant belle, et bien vécu.
Va, 
mais viens.

Joseph.K

Bord de la mer







Bordel Amer





O.Valvos

jeudi 11 juin 2009

LOU REED


sombrait-il aisément face aux encres
en tremblant des lèvres aux antres

dans les rues à traverser le feu nu
je n'y vois plus, ayant bu ou plein,
que des p'tits univers aux codes de pantins
qui se croisent, se choquent, ne s'entendent plus

tel un saint qui demande, poliment,
un couteau à son voisin d'en haut
pour pouvoir tuer sa pute homo'
tel est, sous héroïne, ma vue du monde entourant.

Dean paumait ses bras la nuit
et comprenait alors qui'il n'aimait que lui

j'ai croisé un mois durant une Candy,
elle disait qu'intérêt n'est qu'en le swing
et moi, par la porte du fond, j'disais "merci darling,
tu vois, tu m'offres tes seins et moi mon mépris"

j'raconte ça à Dean les yeux fermés,
il rigole et comprend : puisque la base,
pour lui aussi, c'est la forme du vase,
et de l'être ! c'est du Dylan en tramway.

sombrait-il aisément face aux encres
en tremblant des lèvres aux antres

j'raconte ça à Dean les yeux fermés d'espoir,
il rigole et comprend, mais lui aussi
ces femmes fatales l'ont tué en passions inouïes !
sous des phares allons fumer, cafer, et s'assoir.

et tout ce temps dehors Faustine
toutes ses encres perdue en cyanure
"viens faire un tour du coté obscur"
du vent ! pour une paire de lèvres radines !

Dean paumait ses bras la nuit
et comprenait alors qui'il n'aimait que lui

j'me souviens aussi d'cette Fausse
prûde par devoir mais hédoniste des eaux
effrayé de tant aimer sucer ses stylos,
elle aussi s'est taillée au nom d'Eros.

Dean s'en fout, il préfère mon latin
vidé de ma mémoire anarchiste, de elle à moi
je l'aimais à pousser ma corne je crois
ha ma tendre histoire sans fin

sombrait-il aisément face aux encres
en tremblant des lèvres aux antres

et d'un coup sans accord grille Sister Ray
saignant les possibles au sein mûre
guitares et autres plûmes mutent et murmurent
qu'il nous faut tout mettre à l'essai.

vicieuse et belle comme la seule musique
ne le sont-elle pas toutes ? du bout de soi,
comprenons enfin "-j'ai envie d'toi, et toi ?
- ouais, allons-y", ha l'utopie vouée au numérique.

Dean paumait ses bras la nuit
et comprenait alors qu'il n'aimait que lui

éduqué par l'absence ! c'est ainsi
qu'elle me décrit, mais je sais
qu'il n'y sonne en mon conte imagé
que des rues trop sombres pour la nuit.

j'raconte ça à Dean les yeux fermés,
il rigole et comprend, mais l'espoir se fâne
Wolf a bien raison, "there is no time"
et encore, j'raconte ça à Dean les yeux fermés,

sombrait-il aisément face aux encres
en tremblant des lèvres aux antres ?

Joseph.K

lundi 8 juin 2009

Deborah "Blondie" Harry, San Francisco, 21/09/1977


"Le punctum d'une photo, c'est ce hasard qui, en elle, me point, me meurtrit, me poigne"
Roland Barthes

"Elle a l'air d'une femme ayant un passé. C'est le cas de la plupart des jolies femmes."

"Les femmes immorales sont rarement attirantes. Ce qui la rendait tout à fait irrésistible c'était son amoralité."
Oscar Wilde

"ELLE : J'aime bien les garçons...
Je suis d'une moralité douteuse, tu sais.

LUI : Qu'est-ce que tu appelles être d'une moralité douteuse ?

ELLE : Douter de la morale des autres."
Marguerite Duras

"You know her life was saved by rock and roll"
Lou Reed

vendredi 5 juin 2009

De l'ironie du corps


s'assombrit la frontière au fil sonore et sec
deux ou trois guitares que la brume assèche


    Belle, à ma vue, filant elle
Demeure le drame en folk de ma vie de sentinelle.

De tous jours attendre la nuit pour qu'elle me couve
    Elle, encore et toujours une Elle, me trouve,
Et n'a de nom, qu'un corps,
     Auquel le temps apprend l'inter-dépendance, ma déficience
"Libre comme un mort-
né
" m'écrit Cioran.

    Belle, à ma vue, filant elle
Demeure le drame en folk de ma vie de sentinelle.
   
    Elle, vue le temps d'un
Parcours, me dis-je qu'elle mute mon quotidien,
    Et mes doigts, là, en sentent à ce mot précis, le frisson
Du regard au mépris, de ce corps,
    De ce corps,
De ce corps, fait de mollesse et couvert, non sans attention,
    De tissus aux discrets reflets,
De tissus fiers, l'orgueil de ne suivre qu'une forme :
    De ce corps.

    Belle, à ma vue, filant elle
Demeure le drame en folk de ma vie de sentinelle.

    Sans manche, un haut noir tumulte ses seins ataraxiques
Et plane d'un dehors vertical, marquant comme une symbâle
     Son ventre droit succulé par mon regard gauche, primaire,
Baisse en une jupe ; rouge à l'imaginaire pratique.
    Elle fesse comme la terre.

    Belle, à ma vue, filant elle
Demeure le drame en folk de ma vie de sentinelle.

    J'occulte tes seins de rue ou d'amertume je tu ou ils pointent sans concession les brèches au terme jouir cette raison verticale tu voles au vase des formes de terres cuites à main armée d'Eve modelées pour mes doigts emphases.

    Fondante et au-delà, fi de l'amour,
Mon caprice espère, quelle tangente !
l'éternel retour.

Joseph.K

mercredi 27 mai 2009

Du vent

un risible souffle enfin
quelques grâces fortunes accoudées aux désirs
un peu de brise
le silence perdu en un cadre de foule sous les vitres que mes doigts rappellent
et la blonde impose sa finesse des lèvres aux jambes pour servir d'un oeil remarqué nos cafés éprouvées
ces post-nuit à redondance
ils se crispent marcheurs sans horizon hésitant
un risible souffle
enfin


Joseph.K

mardi 26 mai 2009

...

...

Futur souvenir d'autrui

souviens-toi de rien et de moi,
qui
en soi est Roi de l'autre.

formel et l'éternel échos
n'assume
rien si ce n'est, Soi
église, marbre et contre-plongé.

d'un bon d'un saut
transpires les frontières,
tes seins solides et scintillants
tes seins, et mes doigts fiers.

souviens-toi de la frontière
d'expression, d'un rire
transperces les certitudes d'hier
le Pire pupille en cire
souviens-toi , bien heureux qui est
feu.

souviens-toi de rien et de moi,
souviens-toi qu'avant moi,
rien.

"Dans le cercle des voix, un nuage s'élève. Une vitre à la lèvre qui brouille nos pensées" ce souvenir de Reverdy et

tu la vois peindre ses gémissements
elle est l'artiste
qui crispe ta ligne et le kyste
elle, chaos, vent, ne sait
ce qui compte et
ce qui ne compte pas,
seule piste
d'autrui commun.

Joseph.K

lundi 25 mai 2009

L'an passé

Et voilà l'an
Qui coule, et découle.

Je vois des vieux pendus
Les corps déchirés
Le sang qui tombe
Jusqu'aux pieds.
Mais cela ne me frappe pas.

Je vois des éclairs
Qui tombent en brûlant
Des vies entières,
Et ses souvenirs,
Mais cela ne me frappe pas.

Je vois ces mêmes éclairs
Ne pas toucher
Ne pas brûler
Les théâtres qui se croient immortels,
Mais cela ne me frappe pas.

Je vois une feuille
Encore en blanc,
Sans craintes
Ni encore du Bioux,
Mais cela ne me frappe pas.

Je vois mon reflet
Pas dans l'eau
Ni aux miroirs
Mais dans la feuille en blanc,
Et cela me frappe plus que rien.

Et voilà l'an
Qui a coulé, qui a découlé.

O.Valvos

On est pas sérieux quand on a un an...

...alors à l'occasion de ce premier anniversaire de Bioux Amis, rendons hommage subjectivement à quelques grands...


"Je n'ai jusqu'à présent joui de mes souvenirs que tout seul. Il faut en jouir à deux. Faire des jouissances du coeur une passion"
Charles Baudelaire

"Mon triste coeur bave à la poupe...
Mon coeur est plein de caporal !
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste coeur bave à la poupe..."
Arthur Rimbaud

"Dans le cercle des voix, un nuage s'élève. Une vitre à la lèvre qui brouille nos pensées"

Pierre Reverdy

"Je-ne-veux-pas-le-savoir-ils-étaient-d’une-beauté-folle."
Thomas

"Ô ami implacable
Je ne veux
Qu'être naïf
Aussi, sous toi."
O.Valvos

"Es ce toi Bioux qui me parle ?
Je pense à Gaïa, mais pas à ses fils."
Joseph.K

vendredi 22 mai 2009

Les yeux verts de Méduse

Méduse, les yeux verts, verts Chiite pas mortel, contemple l'homme et l'univers.
En quoi tu pense, Gorgonne, mythe d'un passé revenant ?
Le monde n'a plus besoin de tes yeux verts.
Y a que les hommes qui se pétrissent les uns aux autres.
Y a que les vieux poètes, ceux qui bougent à l'aide d'un baton,
Ceux qui contemplent son œuvre invisible face au regard des gens,
Qui se laissent encore pétrir pour toi.
Ferme les yeux vielle Gorgonne,
C'est à moi de pétrir maintenant.
O. Valvos

jeudi 14 mai 2009

Non pas l'histoire mais l'idée qu'est la fille inconnue qui d'un coup de feutre s'envolait

Et d'un vers anglais, comme le vent elle salue, elle, la fille au blouson brun venue du nord, sauvage, la libre sans veine et aux joues en rimes. C'est qu'elle pleure à l'appel et d'un bond, elle, perce les lèvres. La main dans les creux d'entre, corps-et-bras, elle balance ses mots la nuque à l'épaule sûre. C'est qu'elle pleure à l'appel et d'un bond, elle, brise les trêves. Et sa chemise café, seins à la pente cette affolante, elle, fume au sourire, quand, parfois, ses yeux, verts.
Mais ça s'efface le sang, surtout en riant. Et d'un vers anglais, comme le vent elle s'oubliera avant nous. Nous, mémoires, de ses reins, feutrées.

Joseph.K

vendredi 8 mai 2009

Un Arlequin Ivrogne au matin d'hiver

L'autre matin
Arlequin me réveilla
Entre cris, chansons et sauts en arrière.
Il puait le vin, la vodka et l'ail
Mais il dansait quand même.
Sa chanson d'ivrogne
Ouvrit mes yeux vers l'infini,
C'est la chanson
Que je vous chanterai maintenant.

Le rhapsode s'arrete, il pense
Regarde le public

Non, mes pauvres spectateurs
Vous ne connaîtrait la chanson d'Arlequin
Que quand le sourire du comédien ivrogne
Se dessinera dans vos rêves.

Le rhapsode s'assit à côté
Du pétrole et du briquet
En plein centre du théâtre
Et attendit qu'Arlequin
Fit de l'art
Avec des paroles
Et du feu.
O. Valvos