mardi 4 novembre 2008

Le coup de dés moderne



Dis moi qui sont ces rires ?

LA
Qui s'étouffe à ma plume
LE
Tel poupé vaudou ; d'un jet d'encre

J'homicide le peuple con.

"Pas besoin

POESIE
De Con
LECTEUR
Poémes"

Chantait le beau poéte.

Dans une monté rythmique

J'arrache les peaux Cons

Geste frénétique
EST
Délivre sa prison.
EST





Ma plume
MORT
est une lâme

MORTE
berçeuse
AVEC

de cadavres.
AVEC
Tant que poésie

Tel coup de dés

Abolition des esprits
LA
LE
Contrariés
Ma plume
POESIE
est corde
LECTEUR
musicale pour l'un ;
pendaison pour con.




Joseph.K

Mourir d'une pipe


La fellation : 
[ Femme est ; ce brusque à propos est risque ; ephémére.
Vide blanc tel infini.
Et hurlements électriques à l'écho résonnant. ]



Poéte n'étant ; s'échine de ses muses
Crisse tes larmes
Muse moi et créve où la lumiére fuse.
Brise mon charme.



Joseph.K



samedi 1 novembre 2008

Manifeste de la biouxité

...

...

Peut-être faudrait-il introduire la biouxité en expliquant pourquoi il y a besoin d'un manifeste, la raison est claire et je vais l'expliquer en quelques mots, le futur a besoin de quelques lignes explicatives pour l'étude de se nouveau mouvement littéraire, et d'une date pour que le futur professeur dise "... 2008, commença le mouvement des bioux amis". Trois dates peuvent ici faire plaisir aux professeurs (plaisirs, puisqu'on sait combien ils aiment les diverses options pour pouvoir expliquer a leurs élèves que certains mouvements ne sont pas 100% précis), la première, novembre 2007, les bioux amis se connaissent, la deuxième mai 2008 première publication sur bioux amis et finalement novembre 2008 manifeste de la biouxité, chacun choisira celle qu'il préfère.

Bioux Amis c'est trois bioux:
.
- ....
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- C'est O.Valvos : une plume folle et assumée. Un inconscient défiant Freud se dévoilant en crachant sur les faces. C'est le noir brillant te peinture fraiche. C'est l'alliance des langues, créant la phrase opaque et profonde. C'est la beauté de dire merde.
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- C'est Joseph.K. : une plume qui fait beauté de la mélancolie, une culture pas seulement littéraire (énorme déjà en soi-même) mais pleine de contenu cinématographique. Si dans la plupart la prépotence est un trait détestable, dans lui c'est la plus bioux et merveilleuses des qualités.
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La biouxité, comme mouvement littéraire et artistique (étant donné que le deuxième terme forme une part du premier, et non l'inverse comme on l'a pensé pendant longtemps), est née à partir d'une évidence, "il y a un besoin de bioux, puisque il n'y a pas de bioux dans le monde, faute de bioux, on doit le créer".
Pour mieux comprendre ce besoin de bioux, il faudrait définir ce mot, malheureusement, bioux est un mot de nouvel emploi et donc difficile à définir ; on pourrait tout de même le définir comme "une beauté futuriste provenant des erreurs d'un passé médiéval". Cette duplicité moderne et ancienne du bioux nous créée une nouvelle problématique : Y a-t-il eu des petites traces de bioux dans le passé ? Bioux, est-ce seulement une vision du futur, sans contemplation possible du passé ? Les deux réponses sont possibles. Je m'explique, le passé contamine (ou nourrit) les bioux-écrivains (ce terme au bout d'un moment passe à être celui de bioux amis), on ne peut pas s'en séparer, mais l'erreur implicite dans bioux modifie ce passé, le transforme dans des termes de futur, c'est cette beauté étrange qui provoque le bioux.
Cette recherche peut paraître difficile, impossible même, rien ne semble plus éloigné de la réalité. Comme dira dans quelques années un prestigieux registre : "tout ce qu'est trop compliqué, ne vaut pas la peine". Simple à écrire, pas à comprendre, c'est la deuxième clef du bioux, le texte doit être interprétable selon le degré de contamination de chacun.
Pour mieux comprendre cette contamination je chercherai des bioux-exemples dans le passé, cela dit, les écrivains que je vais citer ne sont pas des bioux-amis, mais ils les ont contaminés de manière explicite :
- André Breton est bioux quand il dit que Victor Hugo est surréaliste quand il n'est pas bête.
- Victor Hugo est bioux quand il est vraiment bête (chose pas fréquente en considérant que bête, ce n'est pas la même chose que vraiment bête).
- Gérard de Nerval est bioux quand il promène une langouste au centre de Paris pour rigoler.
- Alfred de Musset est bioux quand il propose à George Sand de baiser avec lui (et vice-versa).
- Marc Levi sera bioux quand il sera mort est oublié (Zafón, Rowling, Dan Brown et Federico Moccia aussi).
- Le mouvement surréaliste est bioux dans la réalité
- Balzac et Stendhal sont bioux dans la surréalité
- La Bible est bioux dans l'apocalypse.
- Baudelaire est bioux dans le beau de l'air. (Ceci est vaseux !)
- Flaubert est bioux parce qu'il est
nous.
- Kafka est bioux quand Joseph K. court pour arriver à l'heure, même si il ne veut pas arriver a l'heure et qu'il n'a pas une heure de rendez-vous.
- Les kanaks sont bioux partout.
Les exemples sont multiples.
Il n'avait pas la moindre envie de s'humilier devant la commission d'enquête par un excès de ponctualité. En attendent, il se hâtait pour être sûr d'arriver à neuf heures, bien qu'il n'eût pas été convoqué pour un moment précis.
Bioux ce n'est pas chacune des choses avant exposés, mais toutes ensembles, de la même manière trois caractères bizarrement semblables, mais énormément différents dans leurs fonds, donnent la biouxité.
Une deuxième définition du bioux peut s'imposer avec un petit exercice qui va tous nous éclaircir, "bioux c'est boire de l'absynthe, pendant qu'on écoute héroïne de Velvet Underground et qu'on lit La Divina Comedia de Dante", le résultat de tout ça c'est simplement bioux.


...


Bioux est un rien devenu besoin.
Bioux est opaque, les Bioux Amis le savent, il ne peut être compris en soi et entièrement que par un Bioux Amis.
Bioux c'est pouvoir parler de chats morts, de hamburger, c'est faire un poème sur la cuisson des pâtes ; mais encore et toujours avec un sens très précis pour les autres Bioux Amis.
Bioux ne se voit que par Amis et il aime cela.
Mais Bioux c'est aussi du fond ; c'est un dévoilement, quand un Bioux Amis parle d'une guitare seul un autre Bioux Amis peut comprendre qu'il pleure. Bioux est vrai, sincère, drôle, larmoyant, fou. Bioux c'est nous.
Bioux n'est pas nous individuellement, Bioux est la trace de trois êtres certes définit, mais étant Bioux à trois et seulement.
Oui Bioux est complexe.
Bioux est simple aussi, Bioux ne peut être que des mots.
Aveugles sont les non-Bioux.

Bioux est parfois drogué

...


Bioux se base aussi dans une transformation de la vision des thèmes pris depuis longtemps par des nombreux groupes littéraires. Je vais exposer quelques uns des ces thèmes :
-> La bible : une trinité semblant faire partie de la biouxité, trois bioux (amis, écrivains, pseudo-intellectuels de bars "non-artistiques") collaborent pour faire un seul produit (celui-la est à nouveau trois et un) depuis trois lieux différents. La bible chez eux est entièrement un livre, donc il faut la lire ne pas l'apprendre par coeur, ne pas s'aveugler dans les sens établis , mais l'interpréter et y jouer. Finalement il faut dire que la bible forme une part fondamentale de la culture bioux, de manière symbolique, un bioux-amis doit toujours se nourir du fruit insatiable de l'arbre de la science.
-> La mort : thème utilisé par presque tous les mouvements littéraires. Chez les romantiques elle est mélancolique, héroïque dans le classique ... Chez bioux elle est au moins particulière. Qu'elle mort peut être définissable comme bioux ? Cela est dur à répondre, dans ce thème la subjectivité est clé. Un exemple de mort bioux c'est "mourir à cause d'une pipe". Pourquoi considèrer cette mort comme une mort bioux ? Principalement parce qu'on peut récupérer le thème de la trinité. Je m'explique, trois connotations de pipe sont possibles, la première est littérale, la pipe pourrait être empoisonnée, la deuxième c'est bien sur un pistolet, la troisième c'est un simple jeu de mots vulgaire. Cette mort est évidente, mais laisse jouer l'imagination du lecteur qui, une fois de plus, comprendra la mort selon son degré de "contamination". La mort ne doit pas être toujours "trinitale", mais c'est un peu la vision qu'on a d'une mort bioux.
-> La femme : encore une fois bioux se rapproche des autres mouvements littéraires en ce théme machiste qu'est la femme. Et, encore une fois bis, c'est dans la maniére d'aborder que bioux diffère. Une question résume cela : Serait on Bioux Amis sans les femmes ?
Attention cependant, la nuance doit être gravée : ne pas confondre femme avec amour ! Bioux croit en la femme mais jure l'inexistence de l'amour. L'amour n'est qu'un degré d'attachement et les bioux amis affirment qu'on ne peut définir une strate objective et universelle qui, une fois dépassée, serait amour. Mais les bioux amis subissent la femme et la crache ensuite ici-bas.
D'un point de vue dit-bioux la femme est l'image figurée du masochisme orgasmique.
-> Le style : le style ne peut pas être considéré en soi même comme un thème, mais oui on peut l'inclure si on pense au choix de style. Ce choix ne doit pas être obligé, mais un bioux amis peut utiliser n'importe quel style, rechercher même l'incompréhension du public face à ce choix. Plus concrètement si un bioux amis décide que, étant donné que la mode interdit en tout et pour tout ce choix, il veut écrire un roman épique en alexandrins, il le fait sans penser au conséquences, sa liberté créative est au-dessus de toutes les modes possibles, le temps ne doit pas conditionner les choix.
-> La grammaire: la grammaire peut être un choix de style ou même un choix thématique. Le choix thématique est simple, un poème peut, sans problèmes, traiter sur l'adverbe ou sur la situation de disparition à laquelle on est en train de trainer le passé simple (temps verbale bioux par nature). La grammaire thématique forme part du coeur bioux, on ne peut pas se contenter des mots par tous attendus. Le choix d'un mot comme "non-parleur" ne sera plus considéré comme une erreur, "non-parleur" a des connotations différentes à "muet", donc le choix est délibéré et il faut le respecter, ne pas respecter ce choix c'est pas bioux. Seulement avec un usage constant les mots-valises se transformeront en néologismes pour tous connus et utilisés.
-> La réalité : la réalité est facilement définissable dans le contexte bioux, c'est, tout simplement, surtout kaléidoscopique, rarement alternative et jamais unilatérale.
-> Le temps : la vision du temps bioux est pour la plupart déconcertante, bioux a le besoin de se séparer de la conception chrétienne et linéaire du temps. Le temps passe à être donc un anachronisme, bioux se base dans une seule année, cette année c'est une vie, de comencement à fin, c'est en même temps 9 mois (pas les douzes reglémentaires), ça peut être aussi la moitié d'une vie, même une minute, une année c'est tout et rien. Le temps des bioux c'est le besoin de jouer avec la normalité de l'anachronisme et de son inexistence.
-> La facilité : Bioux Amis assume et revendique la facilité. Certaines phrases tel "La foutre est tombée" ( O.Valvos ) est facile, mais elle est instantanée et créatrice. Ainsi elle peut être publiée. Bien évidemment il est important de souligner que bioux ne cherche pas la facilité, mais si elle apparait bioux l'assume, et de toute façon à prendre en généralité bioux n'est pas simple, il est souvent jugé opaque et complexe mais c'est par nature. La recherche de la complexité pour la complexité est la plus grande stupidé que bioux réfute, elle est l'ôde suprême de la masturbation intellectuelle sans fond.

Après tout ça, on pourrait considérer la biouxité comme un paradis alcoolique, mais le bioux amis se nourrit aussi de sérénité, si l'alimentation n'était pas un point principal dans les antérieurs mouvement littéraires, ici c'est un point clé. Le bioux amis boit du lait de panthère ! Sauce indigeste au goût délicat la puanteur de laquelle souligne la biouxité, métaphore parfaite de cette recherche artistique.

...

Bioux Amis n'impose pas, dans le sens bretonien du terme. Ce manifeste n'est pas celui d'un surréalisme. Il n'indique ni n'oblige aucune direction ; bien au contraire il montre la sienne mais tend à vouloir la garder ; tant bien même qu'elle soit imitable.
Bioux c'est donc de prime abord des mots. Cela sont divers, parfois beaux, grands, lyriques, modernes, anciens, modifiés. Ceux-ci sont libres et n'obéissent qu'à la règle du style ( pour ne pas dire aucune ).
Bioux c'est des phrases. Parfois vers, parfois courtes, parfois Proust, souvent opaques, toujours significatives. Les phrases de Bioux remercient Mallarmé et sont toutes véritables.

Bioux Amis est la cigarette après l'orgie

[ Comprendre qu'une phrase Bioux n'est pas un voile opaque codé sélectivement :
UNE PHRASE BIOUX SE DECOMPOSE MOT PAR MOT
et ainsi les sens s'illuminent et se multiplient ]

Bioux est de la poésie parce qu'elle n'est pas écrite par des poètes auto-proclamés.



Bioux Amis

jeudi 30 octobre 2008

Maria Elena + A propos d'explication générale


Violence. Se faire et faire, point de vue généraliste.

Le regard, haineux, tendre qu'elle arbore.

Le regard, tumultueux concept, car concept par ailleurs. Le regard est théorique en soi, pourtant appuyé, à la base dirais-je, matériel : les yeux. Le regard n'existe pas, il n'y a que les paupières et les sourcils aux variations dignes de Marilou.

Soit !

Velvet Underground est au rock ce que je serais à moi-même.

Espoir pasolinien.

L'autre m'aime ; dommage, l'amour révolve les doux temps,


Ne m'aime pas Maria Elena ; ou bien fait de l'amour un Bacon,

autoportrait qui résonne

et se stride.





[

Libres Mots ( A propos à considérer )


Quand une base est ; le reste suit ; personne ne décide l'inverse.

Théorisation inébranlable :

André parle d'écriture de la pensé. Tâche nuancable à propos ; la pensé se fige si les mots ne sont pas libre. Pas inventer mais libérer.

Inventer ! Soit, alors conceptualiser.

Mes mots ainsi sont ; ma syntaxe suit ; alors j'embrasse Mallarmé et t'emmerde Ô puriste d'un autre temps.

]



«And I feel just like Jesus's son» Velvet Underground




Joseph,K


mercredi 29 octobre 2008

La semence et la graine de la moutarde.

Aristote fonctionne dans un mouvement perpétuel,
Cette belle phrase meurt au moment où elle sort de ma bouche,
Comme toutes les autres.
J'ai à nouveau des doutes,
Dans cette vie insouciante, c'est amusant de voir la littérature y plonger,
C'est un vieux poème qui me vient à l'esprit :

"Mer d'ici
Mer de la
Mer de partout."

Génialité en trois vers !
Mais je cherche la contradiction !
Ah, Parnasse, vieux ennemis des âmes nobles ...
Non, son allié plutôt,
Mais moi je n'aime pas les âmes nobles,
Tu crées tes belles phrases
Les sentences d'un trajet choisi
Au son des rimes.
T'oublie les finesses de Marivaux,
Les plus belles par sa stupidité
Jamais écrites,
Et tu exiges de la musique!
Je sais, ce texte n'a aucun sens,
C'est quand même beau de lui en chercher un.
C'est comme plonger dans le gris,
Un vice destructeur et plaisant.
Je l'avoue, oui,
Le sens est à présent clair
Ce texte n'est pas écrit
C'est tout simplement
De la danse classique.



O. Valvos

Un texte surréaliste


Le surréalisme est un «automatisme psychique par lequel on propose d'exprimer soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en l'absence de tout contrôle exercé par la raison en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.»

André Breton – Manifeste du surréalisme



Quel égo ! Alors même que Freud débute à peine ses travaux, André se dit plonger en son inconscient qu'il crache sobrement «fonctionnement réel de la pensée». Voilà qui doit expliquer pourquoi il fallait une carte ( cependant glissante ) pour être officiellement surréaliste.

Baudelaire est un surréaliste organisé !

Les esprits s'insurgent et en souffrent à cette phrase, à propos ils stoppent le temps par masochisme, celui qui se délecte du trouble «spirit of extasy»

Les photographies de Robert Frank sont une excuse.

Ha ! Mais les moody-pictures arborent une philosophie agréable, l'image sur le ressenti peut s'élargir ; si l'art est un ressenti instantané toute photo est-elle une œuvre ?

LA PHOTOGRAPHIE N'EST PAS UN ART.

Mais sa beauté peut transcender.

[..] Obligation intellectuelle de continuité envers les mots précédents :

Qu'est-ce que l'art ?

Ceci est une REPRESENTATION.


Joseph,K



lundi 27 octobre 2008

dimanche 26 octobre 2008

La Guitare



Elle hurle et je la mire.
Elle hurle qu'elle me hait et je la mire profondément.
Elle hurle qu'elle me hait de l'aimer et je la mire profondément puis tendrement.
Elle. Et je.


Il n'y a que la guitare qui exprime,
Le crescendo que les sentiments exacerbent.



Joseph.K


mercredi 22 octobre 2008

Hommage à Roland Barthes

[...] Et pourtant, si le pouvoir était pluriel, comme les démons ? "Mon nom est légion" pourrait-il dire : partout, de tous côtés, des chefs, des appareils, massifs ou minuscules, des groupes d'oppression ou de pression ; partout des voix "autorisées", qui s'autorisent à faire entendre le discours de tout pouvoir : le discours de l'arrogance. Nous devinons alors que le pouvoir est présent dans les mécanismes les plus fins de l'échange social : non seulement dans l'Etat, les classes, les groupes, mais encore dans les modes, les opinions courantes, les spectacles, les jeux, les sports, les informations, les relations familiales et privées, et jusque dans les poussées libératrices qui essaient de le contester.


[...] La raison des cette endurance et de cette ubiquité, c'est que le pouvoir est le parasite d'un organisme trans-social, lié à l'histoire entière de l'homme, et non pas seulement à son histoire politique, historique. Cet objet, en quoi s'inscrit le pouvoir, de toute éternité humaine, c'est : le langage - ou pour être plus précis, son expression obligée : la langue.


[...] Parler, et à plus forte raison discourir, ce n'est pas communiquer, comme on le répète trop souvent, c'est assujettir : toute langue est une rection généralisée. [...] La langue n'est pas épuisée par le message qu'elle engendre ; [...] elle peut servir à ce message et faire entendre en lui, dans une résonance souvent terrible, autre chose que ce qu'il dit, surimprimant à la voix consciente, raisonnable du sujet, la voix dominatrice, têtue, implacable, de la structure. [...] La langue comme performance de tout langage, n'est ni réactionnaire, ni progressiste ; elle est tout simplement fasciste.

[...] Les signes dont [elle] est faite, les signes n'existent que pour autant qu'ils sont reconnus [...], en chaque signe dort ce monstre : un stéréotype : je ne puis jamais parler qu'en ramassant ce qui traîne dans la langue. Dés lors que j'énonce [...] je suis à la fois maître et esclave (Maître de l'autre à qui je fais subir mon pouvoir, esclave de la langue qui m'impose sa structure et les stéréotype qu'elle traîne*).

[...] Dans la langue, donc, servilité et pouvoir se confondent inévitablement. Si l'on appelle liberté, non seulement la puissance de se soustraire au pouvoir, mais aussi et surtout celle de ne soumettre personne, il ne peut donc y avoir de liberté que hors du langage. Malheureusement, le langage humain est sans extérieur : c'est un huis-clos. [...] Il ne reste, si je puis dire, qu'à tricher avec la langue, qu'à tricher la langue. Cette tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d'entendre la langue hors-pouvoir, dans la splendeur d'une révolution permanente du langage, je l'appelle pour ma part : littérature.



Roland Barthes, Leçon du Collège de France, 1978.



*C'est moi qui note.

lundi 20 octobre 2008

mardi 14 octobre 2008

Se "proustisant"

Je mangeais lentement ma noire madeleine, celle même qui avait passé longtemps à côté de la bougie que j'illuminerai dans quelques (ce mot me transportant par lui même deux années avant) instants, quand dans mon esprit vint l'image d'un passé trop lointain malgré sa subjective proximité, un passé situé en septembre de l'année dernière. Ce n'était pas le goût de la madeleine, pas son tact, pas son parfum qui m'y transporta, mais l'image de ces deux éléments ensemble, la madeleine et la bougie d'aujourd'hui, contrastant avec le côté de chez Swann et l'autre bougie (plus grande et à la vanille) d'un hypothétique hier. Tout et rien a changé, je suis le même dans ma différence, seulement qu'une madeleine plus tard.
O. Valvos

Hommage à Bertrand Cantat.

Journée de la pleine lune
Au sommet de la dune
A caresser de loin ton chien

T'oublies or not t'oublies
Les ombres d'opalines
Au rendez-vous suivant
J'attends

Au fond d'une autre limousine
Qui ne vaut pas plus cher
Que ce bouquet de nerfs
Que ce bouquet de nerfs

A frôler la calanche
Les étendues salines
A perte de vue on s'imagine
En chine

Trompe la mort et tais-toi
Trois petits tours et puis s'en va
J'opère tes amygdales
Labyrinthiques que dalle

Ne m'est plus rien égal
Je sais je n'ai offert
que des bouquets de nerfs

Rubis de Sade et jade
Déjà je dis non
Diamant c'est éternel
Des fleurs des bouts du ciel immense

La liste des parfums capiteux
Capitalistes c'est bien
Mais olfacultatif
Liste en boule au panier

Finalement j'ai offert
quelques bouquets de nerfs

Agendas donnez-moi
De vos dates à damner
Tous les bouddhas du monde
Et la Guadalupe

S'il arrive qu'un anglais
Vienne me visiter
Dans la métempsychose
Je saurai recevoir
je peux lui en faire voir
de la sérénité

Et même lui laisser un certain goût de fer

Et ce bouquet de nerfs

Bertrand Cantat, Bouquet de Nerfs, 2001.

dimanche 12 octobre 2008

mercredi 8 octobre 2008

À celle à qui j'écrirai le plus beau poème (déterrant les rappels)

Pas
Besoin
Des cons
Poèmes
O. Valvos

Au miroir mourrant



Au fil fin d'un drame fumant au vent ; au grés de brise.
Demeure l'ubiquité de l'iris aux spirales nébuleuses qu'Hippolyte arbore sans pudeur. Pupilles métalliques tel résistance aux attaques incessantes de mon oeil phallique. D'une eau glaçant les paupières, je lave mes mains impudiques vouant le corps. Guidé par le hasard éphémère un regard ; mon regard ; soulève le poids insupportable de sa lourdeur en ce miroir et, logique incertaine, n'est pas mien l'éblouissant reflet où je fais face. S'impose la toile du monstre autodidacte et stridents hurlement où résonne le silence d'âme. Avec la gravité de ses yeux au sourire, Ô monstre mon reflet, et sa silhouette dégoulinante d'ombre. Il me mire ; couvre ma peur le chant du robinet pleurant. Il y sont des mots opaques à deviner sur ses lèvres fondantes, des mots au souffle volant le voile d'une vie viscérale.
Comprendre que le monstre est l'âme que je réfute par ma plume
sous-jacente.

Joseph.K

samedi 4 octobre 2008

L'inconsistance de la bohême

Depuis sa tour d'ivoire (ô belle tour napoléonienne) le poète mélancolique contemple cette nouvelle jeunesse qui se bat à coup d'épée. Dans son esprit passe, fulminante, l'influence du grand poète français incompris qui se mélange à la vision de ces jeunes gens trop proches encore de la fantaisie de l'homme pas mûr :

Arrête de te la péter
Arrête de te la péter
Parce que t'as une épée en carton.
Arrête de te la péter
Arrête de te la péter
Le jour où tu l'a fabriqué t'as devenu con
Des anormaux il y en a plein
Toi tu es seulement un p'tit idiot.

Le poète, face à cette vision, décida de repenser sa vie : "Je vais fermer la fenêtre de ma tour d'ivoire et écrire seulement à l'aide de l'imagination. À présent le monde n'est point vraisemblable."

Bibliographie de base pour la bonne compréhension du poème :

- Didier Super, Mieux Vaut en rire que s'en foutre.
- A. Artaud, Le Théâtre de la cruauté.
- Lautréamont, Les Chants de Maldoror.
- O. Valvos, L'insulte facile et gratuite, un parcours depuis Benoît de Sainte-Maure jusqu'à Michel Houellebecq.

O.Valvos

Les armes poètiques


- Café -

Crépuscule abyssal d'un Liquide

Assoiffé de sa force limpide

Forçant le profond des rides

Et d'un reflet, fiévreux et perfide.


- Tabac -

Trauma d'un nuage fuyant le rêve

Au grés de la mort aux lévres

Béantes tel fumée de dune.

Arbore le rouge éphémére d'une

Cendre purgatoire d'infortune.


- Plume -

Putréfiant la vierge au sang bleu

L'iris coule en feuilles feu.

Urine divine, et que

Mort sans suite

Ecorche les âmes que mon encre irrite.



Joseph.K


Au café où tu m'as violé



No pasaran,
Que la noyade soit lente sous la nébuleuse
Matière noire de mon âme pleureuse
Hippolyte, tremble à ses mots ; je te vois,
Ruons-nous sous la pluie lassante
Que l'ailleurs nous attende avant que morte.
Je te sais, t'inhale, et garde ta fumée à m'étouffer,
Mais il est beau de mourir en l'autre.


Joseph.K

vendredi 3 octobre 2008

Les Quatre Chats (Réflexion Barcelonaise)

...


L'histoire des deux singes avait parcouru le panorama industriel du Paris de François Ier. Des conversations chaque fois plus violentes et intellectuellement disproportionnées remplissaient le petit bar en Provence, bien connu par tous à cause de ses anomalies anachroniques. Dans la table du fond à main droite (pas tout à fait à droite, c'est à dire... comment m'expliquer ? La droite d'un dyslexique, oui, c'est ça), n'importe quel spectateur extérieur à la scène aurait mis l'oreille dans la conversation entre monsieur Lerroux et un vieux chien sans aucune faculté de communication verbale.

...
.
La pluralité les ennuyaient dans ce petit microcosme d'anachronie communiste, ils cherchaient une individualité difficile à trouver. Un rapport biblique s'étendait entre eux, lui il avait compris, "nous sommes plusieurs"... Ils étaient donc Légion ? Finiraient-ils dans des cochons ? Toutes ces questions troublaient sa raison et l'empêchaient de trouver la vrai question : comment pouvait-il parler avec un chien non-parleur ?

O. Valvos

mercredi 1 octobre 2008

Nues pieds



Puis elle rit.
Perdre le fil.
    Puis je me grise.

Quatre pieds subissent la gravité qu'impose..

Mais le poète, pupilles closes, pense ainsi le futur :
Il suffit de glisser, y laisser nos chaussures,
Puis s'envoler.



Joseph.k