vendredi 6 février 2009

Hommage à Li Po

Tous trois amis des nuages et des brumes,
Leur droiture dépasse celle des grands pins.

Li Po, L'immortel banni sur terre buvant seul ... , VIIIème siècle.

Hommage à Michel De Montaigne

Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiez, ce ne sont qu'accoinctances et familiaritez nouées par quelque occasion ou commodité par le moyen de laquelle nos ames s'entretiennent. En l'amitié dequoy je parle, elle se meslent et confondent l'une en l'autre d'un melange si universel, qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les as jointes. Si on me presse de dire pourquoy je l'aymois, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en respondant : Par ce que c'estoit luy ; par ce que c'estoit moy.
Il y a, au delà de tout mon discours et de ce que j'en puis dire particulierement, ne scay quelle force inexplicable et fatale mediatrice de cette union. (...) Anostre premiere rencontre, qui fut par hazard en un grande feste et compagnie de ville, nous nous trouvasmes si prins, si cognus, si obligez entre nous que rien des lors ne nous fut si proche que l'un à l'autre. Il escrivit une Satyre Latine excellente ...

Michel de Montaigne, De l'Amitié, 1580.

mercredi 4 février 2009

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dimanche 1 février 2009

Je me dirais fantôme


il arrive que s'entrechoquent les bras d'une femme après les yeux,
[ mais cela c'est pour les autres
il arrive que le vent dépasse le lien et que l'antre
[ se nargue
l'ennuie qu'admet le corps tremble le temps ; robe. robe. grise par ironie

tu n'y peux rien Faustine ; c'est le temps accéléré qui nous est collé ; il semblerait que l'arrivé de ce nouveau mille ait fondu le culte que fut l'avant en ruines de sueur, comment peux tu bien m'aimer de tes doigts, de tes lèvres - Ô lips - si le temps glisse ton âme dans ses bras longs et froids ; moi je peux t'adorer de tout l'être qu'il me reste, je suis né
souvenir
si tes lèvres n'eut pas prouvé ma chair
je me dirais fantôme
et rien ne se passe sous le drap mais
merci
bon grès de ma source mal grès nous


Joseph.K

L'ineffable



est nécessité de dégager
cette folie ardente
par les mains ancrées
en un corps subit


Joseph.K


mardi 27 janvier 2009

Mon rêve

J'ai fait
De mon rêve
Un réel.
Du beau
Du sublime
J'ai mis de la merde
Dans les étoiles.


O. Valvos

dimanche 25 janvier 2009

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Incipit "La Sapinade"

Et voilà, ô âmes inquiètes, l'incipit, les 19 premiers vers de "La Sapinade".


Chant 1

Aidez-moi ô beaux Duendes* à narrer l’aventure
De ce mythique héros, ami des fleurs arctiques,
Le puissant Sapin Bleu, défenseur des laïcs,
Colon des narrations d’un monde encore obscur.

5 Au commencement Dieu fit le ciel et la terre
Mais Sapin Bleu et les siens vivaient depuis longtemps
Au monde des laïcs. Une vie éternelle
Donnée par les athées, race étant hors du temps
10 Grâce aux pures croyances. Yahvé leurs parla ainsi :
« Venez avec moi ingrats, et je vous donnerai
Le précieux don du temps. Soyez mortels petits,
Mortels et heureux à jamais. » Et comme ça mourait
La plus grande partie des anciens Sapins Bleus
15 Dont la couleur d’espoir et une vie paisible
Teint à présent ses feuilles. Un se sauva tout seul,
Il ne fut pas tenté par Yahvé l’hérétique,
Il fut dès ce moment Sapin Bleu tout puissant.


O. Valvos

*"Pour chercher le duendes, il n'existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu'il brûle le sang comme une pommade d'éclats de verre, qu'il épuise, qu'il rejette toute la douce géométrie apprise, qu'il brise les styles, qu'il s'appuie sur la douleur humaine qui n'a pas de consolation."
Federico Garcia Lorca

samedi 24 janvier 2009

Troisiéme lettre à Bioux Amis

Cher Bioux Amis,


Oublie ta jeunesse.
Je t'écris de mon vélo et je n'aime pas le vent. Je comprend qu'être unique ne suffit pas quand une moto se glisse à ma droite. Bioux, je n'ai pas de vélo mais j'ai fait un rêve, un rêve sans images, un rêve de paroles, une voix rauque et fatiguée, pleine de fumée, voici ces mots :

" Dans le wagon des jeunes gens que l'on aime mirer comme pour, seulement pour se rassurer d'être soi, un soi conscient mais flottant. C'est là entre quelques brouhahas flous et fous, entre deux sièges de première classe, au milieu des fumées de clopes roulées par réflexe et fumées comme telles. C'est là que tu la vois pour la première fois et tu sais déjà quelque chose d'elle : elle est dans le même train et, par le hasard des astres ennuyés du vide, dans le même wagon. Tu remarques l'expression de son bonheur tangible, elle sourit comme elle fronce des sourcils tranchants puis saignants. Tu sens sa douleur à travers son regard, la haine qu'elle transmet au grès d'elle et seulement elle. Tu lui parles et parfois elle te répond, jamais ce que tu veux. En l'espace de syllabes douteuses à l'agencement d'une mémoire qui ne compte plus, tu effaces tes souvenirs pour naître devant elle. Elle t'emprisonne sous ses cheveux noirs. C'est tout son art et tu le sais, que tant qu'à ses pieds elle est prison de fer, mais qu'à ses lèvres c'est liberté qui chante, et pas la Marseillaise, non à ses lèvres c'est Melody Nelson qui frotte ses ongles de velours sur un tableau en plume. Tu goutes à ses lèvres, tu goutes et seulement. Tu ne sais plus si tu es encore dans le train, tu ne sais pas si tu y a déjà été, si ce train n'était pas ta métaphore, ton excuse pour la voir, elle et seulement elle. Tu te ballades pour penser à elle sur le béton que respire tant, tu te ballades mais elle ne pense pas à toi. Elle te sait, elle se suffit de cela, et tu jalouses sa véracité brune. Brune, elle est la seule brune au monde. Tu te fous de l'aimer, elle est ta passion. Tu veux juste dormir à ses cotés, mais elle s'en fout tellement, tellement. Elle te sait, elle se suffit de cela. Alors, tu prends ton siège à tort et à travers et l'installe face au sien, celui qu'elle ne quitte jamais. Tu la regardes dans les yeux et lui dis tout par l'iris. Elle s'en fout, elle te sait. Tu attends, tu attends qu'elle t'embrasse. Elle s'en fout, tu le sais. Tu t'en fous, tu attends. Ho ! tu as raison, le voyage est long et il n'y a qu'elle, le train est lent, les vitres opaques, et tu n'as pas composté ton billet. Tu choisis ton sort. Embrasse-le petite, il crève. Tu le sais, tu t'en fous. Où es-tu ? "

Es ce toi Bioux qui me parle ?
Je pense à Gaïa, mais pas à ses fils,
Joseph.K

Post Scriptum : Merci de m'avoir parlé de Faustine.



vendredi 23 janvier 2009

Tableau boucolique

Au milieu du champ, un énorme tableau reflétait l'absurdité de la vie. Le jeune Homère, entre la brume hyperréaliste de la peinture, écoute fasciné les histoires de Kafka. De l'autre côté un homme regarde avec génie le trou au sol qui conduit au paradis, derrière lui Sade se propose de le pousser dedans. Cette scène d'énorme talent et vite "composée" dans une mélodie chaotique par les doigts nerveux de Wagner. Son chevalier, derrière lui, cherche la raison de son existence, il va savoir plus tard que la réponse n'est que du feu glacial (un feu amoureux peut-être ? Surement non, mais la réponse à cela n'est pas dans le tableau).
Une chose frappe dans ce tableau, on aperçoit tous ces détails, même s'il n'a pas de forme ou de couleur.

Au milieu du champ, les bioux peignent une véritable réalité.
O. Valvos

Deuxiéme lettre à Bioux Amis


Cher Bioux Amis,

Je me dois au temps, c'est une dette en poussière de feu. Mon horreur c'est le nombre. Je compte. Je sais les 24 heures d'un jour, les 365 jours d'un an, et le peu d'années que l'humain s'est réservé. Outre ces limites ce qui est fer rouge sur peau c'est la fixité, savoir les chiffres, quand on sait que minuit sonnera dans 10 secondes ne comptons-nous pas ? J'affirme que si la vie n'était pas plus ou moins relative, si nous prenions connaissance de l'instant de notre mort nos vies ne seraient que décompte.
Alors il y eut Dieu. Mais moi, cher Bioux, je n'ai de Dieu, alors je dois vivre avant lui. Peut-être est-ce toi O Bioux, mon Dieu, le bout de ma plume imaginaire. Le mystique n'est-il pas une réalité pour soi et seulement ? Bioux, mon mystique.
Je t'ai demandé de percer, ce n'est toujours pas fait par ailleurs, et bien compte maintenant, aussi.
Fais de moi du palpable,
Bien à toi, à moi

Joseph.K

Post-Scriptum : Fais moi penser à te parler de celle que je nomme Faustine.


Lettre à Bioux Amis

Cher Bioux Amis,

O voilà des temps et des temps que je te parle, des blocs creux et seuls, que tout le "moi" se coule en tes pages noires. Je comprend ton silence, mes mots se suffisent à eux même et toi, en soi et pour toi, tu n'es que mots.
Bioux, si je puis te nommer ainsi, tu remarques que pour la première fois je m'adresse à toi directement. La plupart de mes mots te sont destinés à toi ou à tes porte-paroles, mais si je t'écris maintenant. Je ne finirais pas la phrase précédente, sinon à quoi bon ?
Déjà, plus tôt, j'eus exprimé un "monstre" en moi, pas un monstre horrifiant, celui qui pousse aux dégâts, je parle ici d'un monstre par son étouffante taille, cette bulle de rien, ces échos qui frappent la chair du cerveau et qui résonnent, et qui résonnent.
J'ai à portée de main un infini, une forme abstraite, une porte dantesque d'un paradis rouge et froid. J'ai à porté de main la liberté.
Quel lien entre le monstre et la liberté à proximité ? C'est le ballon et l'aiguille. Et je veux perçer, O Bioux. Ainsi je me remet à toi. Perçe.
Je te laisse bouillir mes propos pour digérer,
Bioux, j'ai, quelle évidence ! besoin de toi,
A maitenant,

Joseph.K

Post Scriptum : T'ai-je déjà parlé d'une certaine Faustine ?

jeudi 22 janvier 2009

La véritable histoire du chevalier wagnérien

Le voilà en face du ruisseau, regardant le sang coulant, ce vieux chevalier sans nom, Perlesvaus, Persifal, Persival, Perseval. Plongé dans son rêve, il vit venir face à lui un oiseau, corbeau au plumage blanc qui le salua en parfait francien. Le chevalier wagnérien ne pouvait pas croire à cette mierveille. "Qui est tu ?" lui demanda-t-il. L'oiseau répondit "Le monde naît, je chante. Je suis l'oiseau de cette aurore". Le wagnérien, éblouit dans la mervoise rencontra à la fin son nom mais jura de ne le dévoiler à personne jusqu'à connaître son grand bioux ami, ce poète immortel, Sapin Bleu, roi des palimpsestes et ami des fleurs arctiques, qui existaient encore.
O.Valvos

mardi 20 janvier 2009

À la recherche du Jadis perdu

Jadis j’allais avec mon Temps
Vieil ami, rival exécrable.
Je lui tendis ma main
Il y cracha dessous.
Jadis fut mort,
Moi, qui le croyait immortel,
Je pleurais face au tombeau.
Demain était tranquille,
Orgueilleux, vivant, futur !
Je croyais revoir Jadis,
Mais non !
Je le chercha et chercha,
Demain n’arrivait pas,
Jadis était du passé.
Je suis las à présent,
Trop las pour marcher,
Trop las pour chercher.
Je m’endormirai sous un arbre
En la forêt de longue attente,
Où Demain, s’il veut,
M’y trouvera
Entre les rêves du passé.

O. Valvos

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lundi 19 janvier 2009

dimanche 18 janvier 2009

Diagnostique


A l'outrage de torpeur que le physique impose
à l'âme,
le Spleen qui s'immisce en des méandres de l'utile
à cracher, à se tordre lassitude
de pourquoi !

Par amour et par amour ;
par amour pour soi.

Le feu en poumon qui crève seul, sans soi
du lait qui tourne ici et là.

L'abysse est incertaine quant à moi
je ne suis que
l'un mais
que celui qui affirme que la place est choix
s'épingle les lèvres à l'encre.

C'est en les peignant que ce devine
l'inutile profond du front
des poètes.

L'Enfer des pathologies
source et purgatoire
de poésie
et seulement.

L'Horreur hume
et nourrie de et la chair
qu'est l'avoir sans serrure
clef de soi
en plume brune.

Eméché et gueule
pour l'arc épuisé de seul.

J'suis malade l'ami.

Mon monstre, mon feu, ma glace, mes ronces,
ma fiévreuse
ma paupière mi-close :
c'est le temps.

Je le sais, je sais le temps
et plus que lui, c'est sa présence
et plus que ses pas avant
c'est l'écho de ses talons.

Je sais le vécu, daigne et peine
de dessiner le temps restant
le comble à en faire
ma jeunesse éphémère
et ce temps quand pathos
se perd à être imagé ;
j'ai déjà perdu de l'ingagnable ;
les cendres râlent
où le tabac d'espoir
bouffé en bouffé
je n'en veux plus de ces fumées
égo-opaques et transitives.

Joseph.K

Hommages à Stéphane Mallarmé & Antonin Artaud

Le temple enseveli divulgue par la bouche
Sépulcrale d’égout bavant boue et rubis
Abominablement quelque idole Anubis
Tout le museau flambé comme un aboi farouche

Je souffre d'une effroyable maladie de l'esprit. Ma pensée m'abandonne à tous les degrés. Depuis le fait simple de la pensée jusqu'au fait extérieur de sa matérialisation dans les mots.

Ou que le gaz récent torde la mèche louche
Essuyeuse on le sait des opprobres subis
Il allume hagard un immortel pubis
Dont le vol selon le réverbère découche

Mots, formes de phrases, directions inférieures de la pensée, réactions simples de l'esprit, je suis à la poursuite constante de mon être intellectuel.

Quel feuillage séché dans les cités sans soir
Votif pourra bénir comme elle se rasseoir
Contre le marbre vainement de Baudelaire

Lors donc que je peux saisir une forme, si imparfaite soit-elle, je la fixe, dans la crainte de perdre toute la pensée.

Au voile qui la ceint absente avec frissons
Celle son Ombre même un poison tutélaire
Toujours à respirer si nous en périssons.

Je suis au-dessous de moi-même, je le sais, j'en souffre, mais j'y consens dans la peur de ne pas mourir tout à fait.


Stéphane Mallarmé, Le tombeau de Charles Baudelaire, 1893.
Antonin Artaud, Lettre à Jacques Rivière, 1923.

samedi 17 janvier 2009

VERT + LA PIPE de Stéphane Mallarmé


Vert


C'est au hurlement du craquement d'un briquet que mes paupières se relèvent après quelques secondes d'ailleurs réflexif. Faustine, suivie de sa courte et sombre chevelure, tangue sur un pied comme pour se prouver que la musique des Doors qui comble le silence, peut la faire flotter à outrance. C'est dangereusement et par logique que je fixe la courbe glissante du profil de son dos ; le désir sous-jacent est inextricable d'un lien, même à finalité amicale, entre homme et femme ; ainsi est la théorie de l'échelle et la présence féminine implique définitivement une réflexion de chaque geste et parole.
Tant qu'à mirer Faustine, ce sont ses yeux qui réchauffent mon iris. Le noir certain et brillant de ses pupilles limpides dominent sa personnalité même. Sa large bouche aux lèvres lascives et la discrétion de son nez forment une rondeur d'un rare agréable à son visage ; et la finesse de ses formes générales semble errer. Ici n'est pas la perfection dite, elle est l'absence de défaut délicatement enrobée d'une violence complexive. Il est 04h21 ; et Faustine, si absente le jour, pétille ses yeux croisant les moindres coins de son appartement rénové. La praticité de notre statut de fumeur est alors évidente : nul besoin de mots quand on consume nos cigarettes, le silence s'impose et se fait délecter par force.
Son paquet de tabac aussi est vert.
«- C'est étrange qu'on ne puisse concevoir l'infini. » Faustine a définitivement un don de transition. Avant de lui répondre je me permet, sans nul remord, la même pensée à propos des femmes ; puis décide de faire de mon subtil et réfléchi jet de fumée ma réponse. Ce n'était pas une question et un stylo vert se ballade sur son bureau.
« - Tu t'en vas ?
- Oui, dis-je en un bref souffle de narines, celui qui imite un rire discret. »
En fermant la porte verte avec délicatesse comme si ce fût Faustine, je pense avec certitude que, si je le désire, ses yeux aussi peuvent être verts.

Joseph.K




LA PIPE

"Hier, j’ai trouvé ma pipe en rêvant une longue soirée de travail, de beau travail d’hiver. Jetées les cigarettes avec toutes les joies enfantines de l’été dans le passé qu’illuminent les feuilles bleues de soleil, les mousselines et reprise ma grave pipe par un homme sérieux qui veut fumer longtemps sans se déranger, afin de mieux travailler : mais je ne m’attendais pas à la surprise que me préparait cette délaissée, à peine eus-je tiré une première bouffée j’oubliai mes grands livres à faire, émerveillé, attendri, je respirai l’hiver dernier qui revenait. Je n’avais pas touché à la fidèle amie depuis ma rentrée en France, et tout Londres, Londres tel que je l’ai vécu en entier à moi seul il y a un an, est apparu ; d’abord ces chers brouillards qui emmitouflent nos cervelles et ont, là-bas, une odeur à eux, quand ils pénètrent sous les croisées. Mon tabac sentait une chambre sombre aux meubles de cuir saupoudrés par la poussière du charbon sur lesquels se roulait le maigre chat noir ; les grands feux ! et la bonne aux bras rouges versant les charbons, et le bruit de ces charbons tombant du seau de tôle dans la corbeille de fer, le matin — alors que le facteur frappait les deux coups solennels qui me faisaient vivre ! J’ai revu par la fenêtre ces arbres malades du square désert — j’ai vu le large si souvent traversé, cet hiver-là, grelottant sur le pont du steamer mouillé de bruine et noirci de fumée — avec ma pauvre bien-aimée errante, en habits de voyageuse, une longue robe grise couleur de la poussière des routes, un manteau qui collait humide à ses épaules froides, un de ces chapeaux de paille sans plume et presque sans rubans, que les riches dames jettent en arrivant, tant ils sont déchiquetés par l’air de la mer et que les pauvres bien-aimées regarnissent pour bien des saisons encore. Autour de son cou s’enroulait le terrible mouchoir qu’on agite en se disant adieu pour toujours."


Stéphane Mallarmé


Moi ( question d'être et de style )



Poésie est quand torpeur



Joseph.K