dimanche 15 mars 2009

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Hommage à Charles Baudelaire

Plus l'homme cultive les arts, moins il bande.
Il se fait un divorce de plus en plus sensible entre l'esprit et la brute.
La brute seule bande bien, et la foutrerie est le lyrisme du peuple.
Foutre, c'est aspirer à entrer dans un autre, et l'artiste ne sort jamais de lui-même.
J'ai oublié le nom de cette salope ... Ah ! bah ! je le retrouverai au jugement dernier.
La musique donne l'idée de l'espace.
Tous les arts, plus ou moins, puisqu'ils sont nombre et que le nombre est une traduction de l'espace.
Vouloir tous les jours être les plus grand des hommes !

Charles Baudelaire, Mon Coeur mis à nu (LXXI), 1864.

jeudi 12 mars 2009

un lieu commun comme moi

il est comme moi
blond aux yeux bleus, comme toujours, évitant de sourire pour ne pas arrondir les quelques traits droits - il dirait "grave" - que forme son visage
il ne veut rien de petit ; le grave et le beau sont ses seules passions
il croit vouloir souffrir comme preuve d'existence propre mais s'effraie aux premières gouttes de sel, rappelant qu'un grain pour lui, la mort
il veut l'amour de sourire en coin, le taciturne
il veut l'amour taciturne mais se surprend à bavarder
il est comme moi
il veut qu'on le sache, son soi ineffable et quelques images immobiles - cela suffit à se dire
il s'est épris plusieurs fois, de façon attachante rarement, de manière nocturnes souvent
des déceptions, des inachevées ou des "non"
il sait "que le temps..." mais non ! il faut oublier le temps, cet égoïste
maintenant son aventure est d'un genre nouveau
puisque ses yeux bleus dont il se fout de ne pas les voir, n'ont pas pu lâcher une même forme
il vous dirait que c'est une peinture, un film ou une photo ! moi aussi
c'est en réalité, tel un lit, l'espace d'un lieu commun
une ligne qui change de couleur à chaque variation du temps, mais une ligne reste droite
il est comme moi, il n'existe pas

Joseph.K

mercredi 11 mars 2009

Fuir Avec Un Serpent Ténébres Immobiles Nul Espoir

elle et lumière fût
gluante
à la peau lumière quand source est
reste et fait exister

et la lumière fuit
fumante
5 murs suffisent à s'en embraser
mais qu'est lune sans elle ?

tant qu'à plaindre laissez la victime
c'est le témoin qui pleure

Joseph.K

mardi 10 mars 2009

Des rêves incongrus sans être nu

Voilà mon petit rêve, d'un jour passé, le jour exact n'est pas important, le rêve non plus, mais je veux l'expliquer. Regardez-moi dans un monde de fous, d'idées incertaines, changeantes, incongrues (je ne connais pas ce mot, je l'emploie quand même, l'euthanasie peut être la réponse pour tous ceux qui ne veulent pas me voir l'employer sans aucune crainte). Et c'est dans ce monde que je pense "Ô, Elle, Géa ! Déesse longtemps oubliée... Peux-tu me sauver? Me faire sortir de cette réalité ?" La réponse ... je ne l'ai pas encore (j'ai seulement une chatte qui me mord quand j'écris), et Dionysos me tente ...
Voilà mon rêve, la logique y est peut-être, dans un domaine Belge (pour dire un domaine au hasard, ou non).


O. Valvos

lundi 9 mars 2009

Bonsoir Mr.O.Valvos

- ce texte fait suite aux retrouvailles récentes des Bioux Amis et de leurs compères toulousains à Barcelone, sa forme a cela de particulier qu'elle est une sorte de traduction libre et contextualisée de la chanson Good Evening Mr. Waldheim de Lou Reed ; ainsi je publie ici la chanson, puisque la meilleure lecture de ce texte se fait en écoutant le titre tout en lisant le texte avec rythme, comme en lisant les paroles d'une chanson qu'on écoute -



Bonsoir Mr.O.Valvos
Et Thomas comment vas-tu ?
Vous avez tant en commun
En ce que vous faites

Et arrive Machu
Elle parle de Barcelone
Est-ce que Barcelone m'inclue ?
Ou est-ce juste un son ?

Un son qui bouge
Oh Machu, tu devrais regarder le son que tu fais

Un son qui bouge
Il y a de la peur dans ses réverbères

Machu tu parles de Barcelone
Est-ce que ça nous inclue ?
Et les gens ici et maintenant ?
Avant que ça ne fasse encore longtemps

Pour toi le monde est si libre
Qu'il chute pour ne danser qu'à tes lèvres
J'espère que tu tiendras debout
Comme le racisme dormant

Oh Barcelone
Oh Barcelone est-ce un mot ou juste un son ?
Oh Oh Barcelone
Souviens-toi de nous qui t'avons construit

Si on parle de mon président
Suis-je de son coté ?
Pourquoi m'appeler ainsi
Alors je ne suis plus rien

Et Thomas, Thomas el guapo
Peut-on se serrer la main ?
Ou est-ce juste une normale
Que quelqu'un t'embrasse ainsi

Machu est-ce vrai ?
Barcelone pour moi t'inclue aussi

Machu est-ce vrai ?
Barcelone pour moi t'inclue aussi

Bonsoir Mr.O.Valvos
Thomas comment vas tu ?
Comme quand nous marchons dans la nuit
En vérité je ne pense qu'à vous deux

Et Machu je pense aussi à toi
Mais le rythme du monde change
Ma Barcelone t'a invité
Mais tu préfère rester dehors

Machu est-ce vrai ?
Barcelone pour moi c'est sans toi

Machu est-ce vrai ?
Barcelone pour moi c'est sans toi

Machu est-ce vrai ?
Il n'y a plus de Barcelone entre toi et moi

Joseph.K


dimanche 8 mars 2009

Barcelone, Cacaolat, et puis s'en va

...
Et, je l'avoue, bourré, aux arbres plus craintifs,
De pierres en bières à ce lait de panthère,
Mes tubes digestifs ont perdus la partie.

Ces doux seins de vitamines crèvent la pupille
...
Si Bioux est féodale les touristes sont sans piles.
....

Ainsi nous pissions, en l'église électronique
Or, Jeff Buckley, dans l'eau, s'initie au Gospel
...

Quand l'ivresse devient les pleurs d'un mec qui rit
...
Je souris aux cruels, aux juifs et à la haine.

Joseph.K et O. Valvos

mercredi 4 mars 2009

Un histoire sans importance

N'importe qui c'était quelqu'un qui vivait n'importe où et n'importe comment. Un de ses rêves d'enfance était de vivre aussi n'importe quand, mais quand il comprit l'impossibilité de jouer avec le temps il s'habitua à faire n'importe quoi, n'importe comment, mais toujours avec un but précis, fixé, et de la meilleure façon qu'il le pouvait. Devant l'admiration qu'il suscitait auprès de n'importe qui, un jour, il envisagea d'écrire une autobiographie. Il passa un nombre indéfini d'années à l’écrire, mais au moment où il essaya de l’éditer tout le monde lui dit « c’est n’importe quoi, dégage ». Désespéré face à l’incompréhension du monde N’importe qui disparut en laissant seulement une note « je part vers n’importe quand ».


O.Valvos

favorable


"es-tu humaine ?"
le hasard se veut bien plus pertinent qu'un destin sans surprise
le destin me fait
le hasard fait mes rencontres
ainsi en un carrefour commun de vies errantes je croise une brune
toujours brunes sont mes pensées
et comme toute brune que mon attention pointe
je m'en veux
l'aimer
"es-tu humaine ?"
puis à comprendre que la normale choisis son amant
mais laisse aimer qui veut
et qu'elle réfute même mon amour de grenier
poussière aux rayons de lune coupé à vif par
corbeaux
puis à comprendre cela face à elle
"es-tu humaine ?"
les mois surgissent mais les saisons
m'abandonnent, corbeaux éternels
poussière aux rayons de lune coupé à vif
"ou favorable ?"
elle ne chante que seule et sait
que cette harpe est imaginaire
du moins son joueur ailé
"es-tu humaine ?
ou favorable ?"
les cordes roulent, l'oiseau noir meurt
les mains divaguent et râlent sous
poussière aux rayons de lune coupé à vif
et enfin, de dos, sa voix se ride
"le feu n'a pas de couleur"

quitte à vivre sans brune
je comprend alors le jazz



mot impossible : FAVORABLE
il y cache un entre-deux d'espoir
un possible sans fait
du latin faustus
favorable
semble un livre ouvert mais inconnu
une oeuvre caché par la bible
contre la peur
du latin faustus
favorable
brûle les couleurs
comme en position
un vent qui veut
du bien mais
un vent ne veut on le sait
du latin faustus
favorable
un oui en suspens
un rien comme étang
la cigarette est favorable au cancer
un poing serré qui souffre
favorable comme une étape sans
précédant
au futur supposément futur
mais apparemment
favorable
favorable clé ou gel d'espoir
du latin faustus
favorable a donné
Faustine.

Joseph.K

dimanche 1 mars 2009

traduction d'un Silence

l'effet fait de l'écho des livres,
en un lit ce soir je tentais de voler

les yeux à moitié ivres
ce "ça" en soi prend le relais

le trip-hop jazzait les méfaits
rythme précis ainsi non-libre

en un jus des rues se mêlait
le Mal, temps et corps ses fibres

Joseph.K

dimanche 22 février 2009

L'épris du val

des cordes cuirs, guitare de murmures

jeune, tête ouverte et bouche nue
dormant, souriant comme l'ironie
le sort, la nuque vouée à celle

sans herbe pas de val mais
la main sur la poitrine
je soufflerais

la nature morte frise
les amours vifs

tranquille.
mes deux trous rouges au coté droit
invisibles quelques fois

Joseph.K

samedi 21 février 2009

La clé de Damoclès

pensons à une alliance entre ineffable et insoluble, ce que certains nomment "amour" et que j'exprime sous "torpeur" par fidélité sensorielle

pensons aux concepts nos seuls douleurs

pensons à ces riens en table rase

pensons à nos âmes pour qu'elles soit

pensons nos espoirs et futurs escaliers sombres sombres comme les vrais regards

pensons aux guitares jaunes et saturés puis aux voix âcres à salives de larmes

pensons aux montres, pensons à ne plus jamais les interroger

pensons aux rires de nécessaires futilités

pensons aux pleurs d'ineptes besoins

pensons aux livres à bruler, tous, ne sont que cendres humides

pensons à quand on pouvait

écrivons ce que n'ose penser nos miroirs, les yeux écartelés en nous, nos yeux, propres à l'image mais les mots se détachent et objectivisent nos monstres, révèlent nos torpeurs, nos vieillesses enrobées par l'âge

j'ai peur le soir éternel de chaque nuit, la nuit enferme le corps

j'entends l'écho sourd de ma clé qui tourne au rythme du soleil couchant,

puis
la nuit !
partez !
Faustine lointaine
s'enferme en colère
j'ai peur
le soir éternel
de Faustine

Joseph.K

Variations

New-York est froid maintenant
mais que je m'en fous
si n'est par comparaison
je n'ai même pas 20 ans

de la gare aux larmes
facile pas trop souvent
piétiné

et je suis cette insoutenable légèreté de l'être
et daigne ma torpeur de n'être
que chaire
nous en reparlerons

la dernière fois que je t'ai vu
aux pas ardents
tes derniers mots pendus
aux lèvres gonflées

à bloc
tes derniers mots pendus
fument encore rouge
aux pas ardents

la dernière fois que je t'ai vu
de la gare aux larmes
fument encore rouge

New-York est froid maintenant
et je t'attend
ardent

la dernière fois que je t'ai vu
nous en reparlerons
tout deux dans 20 ans
à bloc

Joseph.K

Cloche en silence

l'avenir se dit
le présent se répéte

il est minuit
lit Reverdy
et rit d'ajouts

encore que
ils y sont tous ses amis
pour que
les trêves clochent

pense aux ombres, sont
fumées dans ses images

elles volent ses ombres calcinées

n'est de Dieu qu'un mot
enfin comme cet autre
n'est de Dieu que lui
ses amis pour le rire
le faut-il ?

n'a de trêve se dit-il
que le post-silence
la peur de finalité
c'est le frisson de la jeunesse

pense à ce collègue
si petit sous ses beaux habits
de gens de luxe

mais ne pense plus
quand elle le cloche
et beau sourire
même à ses reproches

l'avenir se dit-il
le présent se répète-
t-il ?

il est minuit
lit Reverdy
il
comme une ébauche
Joseph.K

vendredi 20 février 2009

Hommage à Johann Wolfgang Von Goethe


MARGUERITE : Ainsi tu ne crois pas ?

FAUST : Ne te méprends pas, ô aimable visage ! Qui peut le nommer ? Et qui confesser : "je crois en lui" ? Qui peut sentir et peut se permettre de dire : "je ne crois pas en lui" ? Lui qui embrasse l'univers, qui soutient l'univers, n'embrasse et ne soutient-il pas toi, moi, lui-même ? Le ciel ne se voûte-t-il pas là-haut ? La terre n'est-elle pas ferme ici-bas ? Et les astres éternels aux regards amicaux ne se lèvent-ils pas ? Et quand je te regarde dans les yeux, n'est-il pas vrai que tout se presse vers la tête et ton coeur et, invisible ou visible, palpite en un éternel mystére ? Remplis-en ton coeur, si grand soit-il, et si tu es tout imbue de ce sentiment, nomme-le comme tu voudras : nomme-le bonheur ! Coeur ! Amour ! Dieu ! Je n'ai pas de nom pour cela ! Le sentiment est tout ; le nom n'est que son et fumée qui obscurcissent le feu du ciel.

MARGUERITE : Tout cela est bel est bon ; c'est à peu près ce que dit le curé, seulement en d'autres termes.

FAUST : C'est ce que disent tous les coeurs en tous lieux où luit la lumiére du ciel, chacun dans son langage. Pourquoi pas le mien ?

Johann Wolfgang Von Goethe, Faust, 1808.

jeudi 19 février 2009

Recherche & Portrait ( sous Heroin de Velvet Underground )

de la différence de
l'impalpable
image donc ; il revient en ses pleurs
les trains infinis
cela il s'en fout
de la différence
depuis qu'il chute à n'être que lui
elle, sourit à être et non
pas seulement mais comme
savoir unique
de la différence
il en tuerais
bien
alors ; il la peint

elle en sait des tourments pour n'en pas,
tour à tour,
m'en résigner de quoi vider mes os
  • mes os qui fondent
  • c'est le brouillard
  • qui d'un trait sonde
  • ce qu'est l'espoir
j'en sais aussi,
tourments,
et l'attente
libre
libre
à la vue de Faustine je suis que libre entrave
qu'elle l'est tout comme

d'une main deux frissons
l'un c'est le gai savoir
l'autre c'est Faustine
enfin je saurais
et chaque fois
je chute

milles mots, diable,
déjà que j'eus perdu
en feuilles veules
et toujours
depuis
pour, non pas Faustine
mais sa clef

savoir Faustine en vue
mots sont vues
de frissons éblouis à mots vaguants

j'en veux faire un portrait
Van Gogh de lettres
tel Velvet
tout est en Faustine

elle est verte ainsi de toute variations

à trop penser aux choix fidèle de mots, je crois comprendre ce en quoi Faustine a ciblé en fond mon attention attendrit

portrait

Faustine devance, est avant l'artiste
déjà portrait
à relire mes mots d'elle
je sais leur justesse
à moment donnée
mais sait que maintenant
nuance serait ailleurs

c'est cela un portrait peint
ça à ce moment
âme comprise.

Joseph.K


dimanche 15 février 2009

L'opéra des ombres

Le gris, l'homme en le lit
non le sien, main en main
lit innocent de Faustine
ceci est un souvenir

maintenant, le gris, l'homme
seul ou presque peu importe
debout ou mort
pleure à n'en plus savoir
maintenant, le gris, l'homme
du visage en l'ombre du lit
du visage la forme
dans le lit prés de lui
maintenant, le gris, l'homme
du visage, image n'est que
souvenir

et même si récent,
qu'il est par ailleurs
souvenir
et si récent,
n'est plus comme alors
maintenant

l'image,
souvenir,
rouge ou petite
grande ou blanche
l'image,
souvenir,
n'est jamais après
en ce doux et désiré
maintenant.

Joseph.K