« Nous nous moquons des curiosités et des espoirs de quelques amateurs, de quelques marchands, de tous les esthètes. Nous cherchons des complices.» Paul Nougé
lundi 26 octobre 2009
Je, puisque suis
vendredi 16 octobre 2009
Arlequin et moi face à la mer
jeudi 15 octobre 2009
Palimpseste
vendredi 9 octobre 2009
L'art du sang
Beau, court, parfait, de la cloche
Qui donna à l'art
Le premier ton de la soirée.
Dans la salle, toute noire,
Les yeux du public
Se centrèrent sur la scène,
Et la musique commença.
Le premier coup alla directement sur le nez
Qui saigna sans arrêt possible.
Le deuxième coup fut sur le ventre
Et le dernier en fit le KO.
Les gens hurlèrent dans la salle
De joie, de vie,
Comme le choeur de Nabucco*,
Face au lutteur tombé par terre.
mercredi 7 octobre 2009
mardi 6 octobre 2009
Hommage à Charles Van Lerberghe
Là soudain dans son ombre, et surnaturellement ainsi vêtu d'elle et du deuil de ses peines, immobile dans un rêve obstiné, l'anxieuse attitude et comme tremblant, à ce frêle seuil de vierge et d'effroi, d'effleurer le mystère et qu'il ne s'essore, craintif de ses yeux extasiés et de ses mains, avec un étrange et doux sourire, un adolescent se tenait, presque un enfant.
dimanche 4 octobre 2009
Toi qui lis en marchant (promenade en ville I)
Se promène en haut et en bas de la rue.
De corps déformé, comme Fiodor ou Iggy,
Il suit à pas lents les mêmes traces qu'il fit demain.
Homme à deux moitiés,
L'une forte, soutien-livres,
L'autre faible, presque handicapé,
Qui le font bouger vers des phrases inachevées.
Vous le voyez, vous le surveillez,
Vous vous moquez même de son corps de lecteur.
(déformé et laid à sa façon)
Mais vous ne savez pas, qu'il vous emmerde, si profondément
Qu'il ne regarde que les lettres d'énormes bouquins
Et pas vos gueules de simples humains.
Il ne faut pas l'oublier, c'est l'homme à la lecture impassible.
mardi 22 septembre 2009
Ray, ou le syllogisme
lundi 21 septembre 2009
Sottise de l'Europe
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Signeurs Européens, nous voilà dans votre sottise, celle des gens avec un goùt exquis. Les hommes respectueux. Les grands cerveaux de notre époque. C'est à vous et pour vous cette sottise. J'espère que vous allez bien aimer.
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Quatre personnages sortent des côtés de la salle, tous habillés de blanc.
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Je crois qu'on est perdus.
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Vous cherchiez quoi ?
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Un vase plein de folie.
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Et il est où ?
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Devant vous messieurs, devant vous !
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Et maintenant ?
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Ben, on peut s'assoir et attendre le miracle.
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samedi 19 septembre 2009
Le théâtre d'Arlequin
Bonjour ! Messieurs, mesdames, petits pataphysiciens ! Nous voilà dans le cercle immonde du théâtre. Lieu de sacrifice des intelligences les moins respectées. Si vous voulez du respect, allez ailleurs, ici vous ne trouverez que les cris asexués de quelques sodomites.
Arlequin commence à faire des mouvements de braguette, comme bon élève avancé de Panurge.
Merdre! Spèces de prutes! Allez vous faire traverser par une lance qui saigne de l'urine
Arlequin sort de la scène, en insultant tous ceux qui se croisent sur son chemin, comme bon poète qu'il est.
dimanche 13 septembre 2009
Mourir beau pour mieux s'en remettre
C’était l’hiver dans notre ville, il y neigeait plus qu’il n’y faisait froid. Je suis tout de même étonné de ne le voir habillé que d’un jean et d’une chemise blanche entrouverte et aux manches retournées rapidement qui donnaient l’impression d’éclater comme une fleur naissante. La cigarette qu’il refusait de laisser tomber donnait un sens à son apparence, c’était son excuse, sa fidèle. Il ne pensait qu’à ça, à lui et donc aux autres, sa constante. Il pensait à la nuit de laquelle il venait de sortir, à son sommeil qui l’oubliait, à cet alcool qu’il digérait et à cette femme aux lèvres sables dont il s’en frottait encore les siennes. Sa démarche matinale me surprend, la tête au sol mais le torse au ciel il écarte tant qu’il peut ses épaules. Je sais qu’il aime ses épaules, c’est la preuve impudique qu’il exhibe en tant qu’homme, c’est son sexe public. Il pensait encore à cette femme, il n’avait pourtant aucun sentiment, il y pensait en l’attente d’une pensée plus attrayante, mais il n’aime que celle-ci alors il y pensait en l’attente d’une autre femme. Sa forme blanche qui de loin se mêlait aux neiges en chute, serpentait les rues avec la mollesse de la cendre que l’homme assis au bar qu’il dépassait sacrifiait dans le fond humide de son café vide. Je l’observe d’ici. Il courrait presque maintenant. Il cherchait un but à sa promenade et je comprend qu’il marchait pour être aimé. Il ne savait pas comment être aimé. Il ne voulait pas savoir. Il voulait être aimé. Il voulait être aimé par plusieurs, l’amour d’un est trop fort et irremplaçable. Il voulait pourvoir, à sa guise, remplacer l’amour des autres, par d’autres amours ou par d’autres autres. Je l’observe pour l’aimer un peu. Son sang lui confère une beauté unique, celle du drame. Elle est petite, elle ne dépasse pas ses fameuses épaules, qu’elle aime par ailleurs. Son regard est celui du bonheur présent et du drame arrivant. Son regard fascine mes tremblement que le vent oblige. Il s’était arrêté, allongé au sol, prés de son sang. Sa chemise en est la première victime et je pense à elle et sa peau d’été sur laquelle on chute avec consentement. Je l’étreinte sur une plage d’hiver jusqu’à se perdre sous la poussière des mers. Il fermait, lentement, ses yeux puis son corps tout entier. Elle me dit adieux d’un baiser à jamais et d’une lame au ventre qui fait se lever mes paupières, elle fuit comme dans un cimetière et j’enlève la pointe d’argent qu’elle m’a laissé au corps. Je pense à ma chemise en prenant ces rues aux hasard que mes pas usent. J’allume une clope. Sa chemise avait la couleur de la mort.
Deslogis
vendredi 11 septembre 2009
La photo
N’existe pas tant que je vis, une photo n’est qu’impasse.
Les nuits sous Dante
Ce n’est qu’une forêt, son opposée.
Qu’elle vague ses lèvres blondes en d’autres plages, mon venin saigne en tout contexte.
Ce n’est qu’une forêt,
Brune même diurne, prise au vent que la peau succombe.
Mon sommeil brûle en tout temps perdu.
Et dans les arbres je serai, à moi seul et en sang, ma propre épidémie que tes soupirs achéveront.
Ce n’est qu’une forêt que mon corps livre.
A subir la langueur que le retard impose
La fatigue même, lasse de mes torpeurs
Abandonne au corps le poids du soir et ses heures
S’immiscent et crachent ; quelques peaux implosent.
jeudi 10 septembre 2009
L'homme et l'amer
lundi 7 septembre 2009
L'insomnie
dimanche 23 août 2009
C'est que l'art condamne les aubes
mardi 18 août 2009
Auto-théologie
dimanche 16 août 2009
Quand Paris est Paris
souillées fondues en l'autre
il est vrai qu'ainsi, au
matin flou à l'éveil
mon Paris, bleu, se vautre
près de nos pieds vermeilles
c'est suivant l'étreinte
que Paris est, Paris,
nos corps encore suintent
l'eau de l'effort en feu
elle, y fait naître ici
un bout de tabac bleu
et moi sans cœur, opium
des malheurs, je torse
son corps nu que le rhum
contrôle dans l'ombre folle
six étages à bout d'force
et nos cœurs loin du sol
vendredi 14 août 2009
L'Euryphote
L'euryphote dans la villeL'euryphote, de ville en ville vrille désirs dans des vestiges aux vertiges qui scintillent pourpre - cet alcool prescrit par besoin de rires et de rimes et d'ouïes infinis afin de, capter enfin le battement qu'est d'exister au sein partagé d'autrui, d'autres, et de soi - et ces corps proscrits par un oeil faible comme une cervelle, brillant d'un refus mensonger de mordre quelques chaires, quelques orales, tout est sommeil mais ne s'endort jamais.
dérègle en coraux
ses rêves que l'eau
endort sous les cils.
L'euryphote en villePaupières en nuit. Et la forêt. Des arbres à croiser dans des manèges nocturnes, pâle copie d'eux-même l'euryphote, et son regard d'aigle perdu au sol cherche, du fond rouge des interdits jusqu'au frais diurne quelques reflets en nuance, quelques peaux sucrées, sus aux restes l'euryphote, au niveau d'herbe ou d'un trottoir ridé, cela selon ces yeux, crèverai pour sentir, dans sa chute qu'il sait, un peu en lui, sur les lèvres d'une - lectrice - au moins prit-il, dans la voix, un peu de Carroll, Lewis.
amasse L'Ombilic
de limbes
en limbes.
L'euryphote
en cime
perle de rire
une sorte de livre.
jeudi 6 août 2009
Mon bain mis à nu
Comme inavoués, ses traits innés avait pourtant le précis en décomposition.Comme un cinéma d'auteur sa beauté à pendre au fil d'un violon avait la discrétion polytone d'un soupir. Et quand elle embrassait ma chemise vierge j'oubliais mes exigences. J'oubliais, le court ; mais honorable puisque existant ; temps du baiser, ma haine insoluble d'elle que je garde en souvenir. D'elle à elle rien ne tient. Rien n'est mien si ce n'est des lèvres brulées de trop fuir. Les lèvres, à jamais mon sujet. Pas grand chose, elle était effleurement, elle, une chute. Si l'bon Dieu avait été Charles, elle, Faustine peut-être, aurait été ma correspondance. Et comme j'aimais comparer, je n'offrais ma langue qu'en Portishead. Elle et elle, rêve puis remède. Ses yeux, l'hiver, avait le poids du sel.
C'est nu que je m'inertie encore en ce bain à l'eau chaude et constante. Après tant d'elles, je souris de ma haine envers elle, de sa survie. La femme de ma vie est bien celle que j'aurais haïe jusqu'à la fin. L'époque gangrène tant mes espérances que je pense au passé. Et sous l'odeur secrète de ses seins lointains je perds la tête au fond du blanc tremblant de ma baignoire enfumée. Je suis mort les yeux ouvert.