« Nous nous moquons des curiosités et des espoirs de quelques amateurs, de quelques marchands, de tous les esthètes. Nous cherchons des complices.» Paul Nougé
mardi 22 septembre 2009
Ray, ou le syllogisme
lundi 21 septembre 2009
Sottise de l'Europe
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Signeurs Européens, nous voilà dans votre sottise, celle des gens avec un goùt exquis. Les hommes respectueux. Les grands cerveaux de notre époque. C'est à vous et pour vous cette sottise. J'espère que vous allez bien aimer.
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Quatre personnages sortent des côtés de la salle, tous habillés de blanc.
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Je crois qu'on est perdus.
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Vous cherchiez quoi ?
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Un vase plein de folie.
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Et il est où ?
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Devant vous messieurs, devant vous !
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Et maintenant ?
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Ben, on peut s'assoir et attendre le miracle.
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samedi 19 septembre 2009
Le théâtre d'Arlequin
Bonjour ! Messieurs, mesdames, petits pataphysiciens ! Nous voilà dans le cercle immonde du théâtre. Lieu de sacrifice des intelligences les moins respectées. Si vous voulez du respect, allez ailleurs, ici vous ne trouverez que les cris asexués de quelques sodomites.
Arlequin commence à faire des mouvements de braguette, comme bon élève avancé de Panurge.
Merdre! Spèces de prutes! Allez vous faire traverser par une lance qui saigne de l'urine
Arlequin sort de la scène, en insultant tous ceux qui se croisent sur son chemin, comme bon poète qu'il est.
dimanche 13 septembre 2009
Mourir beau pour mieux s'en remettre
C’était l’hiver dans notre ville, il y neigeait plus qu’il n’y faisait froid. Je suis tout de même étonné de ne le voir habillé que d’un jean et d’une chemise blanche entrouverte et aux manches retournées rapidement qui donnaient l’impression d’éclater comme une fleur naissante. La cigarette qu’il refusait de laisser tomber donnait un sens à son apparence, c’était son excuse, sa fidèle. Il ne pensait qu’à ça, à lui et donc aux autres, sa constante. Il pensait à la nuit de laquelle il venait de sortir, à son sommeil qui l’oubliait, à cet alcool qu’il digérait et à cette femme aux lèvres sables dont il s’en frottait encore les siennes. Sa démarche matinale me surprend, la tête au sol mais le torse au ciel il écarte tant qu’il peut ses épaules. Je sais qu’il aime ses épaules, c’est la preuve impudique qu’il exhibe en tant qu’homme, c’est son sexe public. Il pensait encore à cette femme, il n’avait pourtant aucun sentiment, il y pensait en l’attente d’une pensée plus attrayante, mais il n’aime que celle-ci alors il y pensait en l’attente d’une autre femme. Sa forme blanche qui de loin se mêlait aux neiges en chute, serpentait les rues avec la mollesse de la cendre que l’homme assis au bar qu’il dépassait sacrifiait dans le fond humide de son café vide. Je l’observe d’ici. Il courrait presque maintenant. Il cherchait un but à sa promenade et je comprend qu’il marchait pour être aimé. Il ne savait pas comment être aimé. Il ne voulait pas savoir. Il voulait être aimé. Il voulait être aimé par plusieurs, l’amour d’un est trop fort et irremplaçable. Il voulait pourvoir, à sa guise, remplacer l’amour des autres, par d’autres amours ou par d’autres autres. Je l’observe pour l’aimer un peu. Son sang lui confère une beauté unique, celle du drame. Elle est petite, elle ne dépasse pas ses fameuses épaules, qu’elle aime par ailleurs. Son regard est celui du bonheur présent et du drame arrivant. Son regard fascine mes tremblement que le vent oblige. Il s’était arrêté, allongé au sol, prés de son sang. Sa chemise en est la première victime et je pense à elle et sa peau d’été sur laquelle on chute avec consentement. Je l’étreinte sur une plage d’hiver jusqu’à se perdre sous la poussière des mers. Il fermait, lentement, ses yeux puis son corps tout entier. Elle me dit adieux d’un baiser à jamais et d’une lame au ventre qui fait se lever mes paupières, elle fuit comme dans un cimetière et j’enlève la pointe d’argent qu’elle m’a laissé au corps. Je pense à ma chemise en prenant ces rues aux hasard que mes pas usent. J’allume une clope. Sa chemise avait la couleur de la mort.
Deslogis
vendredi 11 septembre 2009
La photo
N’existe pas tant que je vis, une photo n’est qu’impasse.
Les nuits sous Dante
Ce n’est qu’une forêt, son opposée.
Qu’elle vague ses lèvres blondes en d’autres plages, mon venin saigne en tout contexte.
Ce n’est qu’une forêt,
Brune même diurne, prise au vent que la peau succombe.
Mon sommeil brûle en tout temps perdu.
Et dans les arbres je serai, à moi seul et en sang, ma propre épidémie que tes soupirs achéveront.
Ce n’est qu’une forêt que mon corps livre.
A subir la langueur que le retard impose
La fatigue même, lasse de mes torpeurs
Abandonne au corps le poids du soir et ses heures
S’immiscent et crachent ; quelques peaux implosent.
jeudi 10 septembre 2009
L'homme et l'amer
lundi 7 septembre 2009
L'insomnie
dimanche 23 août 2009
C'est que l'art condamne les aubes
mardi 18 août 2009
Auto-théologie
dimanche 16 août 2009
Quand Paris est Paris
souillées fondues en l'autre
il est vrai qu'ainsi, au
matin flou à l'éveil
mon Paris, bleu, se vautre
près de nos pieds vermeilles
c'est suivant l'étreinte
que Paris est, Paris,
nos corps encore suintent
l'eau de l'effort en feu
elle, y fait naître ici
un bout de tabac bleu
et moi sans cœur, opium
des malheurs, je torse
son corps nu que le rhum
contrôle dans l'ombre folle
six étages à bout d'force
et nos cœurs loin du sol
vendredi 14 août 2009
L'Euryphote
L'euryphote dans la villeL'euryphote, de ville en ville vrille désirs dans des vestiges aux vertiges qui scintillent pourpre - cet alcool prescrit par besoin de rires et de rimes et d'ouïes infinis afin de, capter enfin le battement qu'est d'exister au sein partagé d'autrui, d'autres, et de soi - et ces corps proscrits par un oeil faible comme une cervelle, brillant d'un refus mensonger de mordre quelques chaires, quelques orales, tout est sommeil mais ne s'endort jamais.
dérègle en coraux
ses rêves que l'eau
endort sous les cils.
L'euryphote en villePaupières en nuit. Et la forêt. Des arbres à croiser dans des manèges nocturnes, pâle copie d'eux-même l'euryphote, et son regard d'aigle perdu au sol cherche, du fond rouge des interdits jusqu'au frais diurne quelques reflets en nuance, quelques peaux sucrées, sus aux restes l'euryphote, au niveau d'herbe ou d'un trottoir ridé, cela selon ces yeux, crèverai pour sentir, dans sa chute qu'il sait, un peu en lui, sur les lèvres d'une - lectrice - au moins prit-il, dans la voix, un peu de Carroll, Lewis.
amasse L'Ombilic
de limbes
en limbes.
L'euryphote
en cime
perle de rire
une sorte de livre.
jeudi 6 août 2009
Mon bain mis à nu
Comme inavoués, ses traits innés avait pourtant le précis en décomposition.Comme un cinéma d'auteur sa beauté à pendre au fil d'un violon avait la discrétion polytone d'un soupir. Et quand elle embrassait ma chemise vierge j'oubliais mes exigences. J'oubliais, le court ; mais honorable puisque existant ; temps du baiser, ma haine insoluble d'elle que je garde en souvenir. D'elle à elle rien ne tient. Rien n'est mien si ce n'est des lèvres brulées de trop fuir. Les lèvres, à jamais mon sujet. Pas grand chose, elle était effleurement, elle, une chute. Si l'bon Dieu avait été Charles, elle, Faustine peut-être, aurait été ma correspondance. Et comme j'aimais comparer, je n'offrais ma langue qu'en Portishead. Elle et elle, rêve puis remède. Ses yeux, l'hiver, avait le poids du sel.
C'est nu que je m'inertie encore en ce bain à l'eau chaude et constante. Après tant d'elles, je souris de ma haine envers elle, de sa survie. La femme de ma vie est bien celle que j'aurais haïe jusqu'à la fin. L'époque gangrène tant mes espérances que je pense au passé. Et sous l'odeur secrète de ses seins lointains je perds la tête au fond du blanc tremblant de ma baignoire enfumée. Je suis mort les yeux ouvert.
jeudi 30 juillet 2009
Hommage à Bob Dylan & Katerina Kozadinou
Well, if you're travelin' in the north country fair,
Where the winds hit heavy on the borderline,
Remember me to one who lives there.
She once was a true love of mine.
Well, if you go when the snowflakes storm,
When the rivers freeze and summer ends,
Please see if she's wearing a coat so warm,
To keep her from the howlin' winds.
Please see for me if her hair hangs long,
If it rolls and flows all down her breast.
Please see for me if her hair hangs long,
That's the way I remember her best.
I'm a-wonderin' if she remembers me at all.
Many times I've often prayed
In the darkness of my night,
In the brightness of my day.
So if you're travelin' in the north country fair,
Where the winds hit heavy on the borderline,
Remember me to one who lives there.
She once was a true love of mine.
Chant : Katerina Kozadinou, 2009
mercredi 29 juillet 2009
L'Opium
Tout est passé
Et l'époque est niaise.
Souvenir qu'abstrait.
Aux âges.
Ceux là, les tatouages
De l'art
Ne t'inspire plus, tu dois.
Expirer. Toi. Tes yeux saturés,
Produit expié. Toi tu souffles.
À peine. Toi. Tes yeux couleur
Demandés. Ton temps n'est
Qu'amygdales. Applicable.
Toi. Tes yeux chantant
Aux seules ivresses, soûles-toi
Je ne t'aime que comme ça.
Toi. Tes yeux à l'ombre,
Prends mon corps en sang,
Mon mépris serein,
Et crève pour moi. Toi.
Et tes yeux ; blanc Klein.
mardi 28 juillet 2009
Villes
dévisageait si terne
la nuit
qu'elle,
préférait vendre son âme
qu'un effort blâme
Ville,
gisait ses citernes
Ville,
au soir en sueur
l'avide au coeur
si rare quand se meurt,
vit le
vide comme l'art
Ville,
d'aube en fleur
Ville,
comme un navire
et elle
d'un cuir à lueur mauve
et des yeux
toujours à l'aube
Ville,
sommant de partir
Ville,
en héroïne
des hanches en rimes
soclent,
des reins en scène,
où cent villes
s'échinent
sous des lèvres hostiles.
dimanche 19 juillet 2009
Conversation entre Pôètes
"- La temporalité c'est de la merde. On devrait faire une loi contre la temporalité. La chrétienté a détruit le concept abstrait du temps. Comme le temps était beau quand il n'était pas chrétien."
[...]
Joseph.K :
"- Nous sommes des pôètes* à plein temps."
O.Valvos :
"- Oui, c'est vrai, mais un pôète ne fait pas qu'écrire de la poésie. Nous somme toujours pôètes. Sinon, c'est pas un pôète, 'faut vivre, pas seulement écrire."
Joseph.K :
"- Vit-on pour écrire, ou écrivons-nous pour vivre..."
O.Valvos :
"- On vit en poésie, ce qui se traduit en poèmes."
Joseph.K :
"- Il y a de ça oui. On vit en poésie ! On vit, on écrit, comme une balance dont les 2 bouts se tiennent mutuellement."
O.Valvos :
"- On peut être poète sans écrire de la poésie."
Joseph.K :
"- Un poème, c'est une retranscription de la poésie. Le poème idéal serait celui qui ne serait que poésie. Il est impossible, c'est une vie. Plus même, des vies, les vies, La."
Hommage a Ryūnosuke Akutagawa
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Vague Inquiétude
Le Do immortel
samedi 18 juillet 2009
L' Halluciné
Faustine,sans or, se lève. Mèches au matin elle y mêle son café blond, les yeux verts même clos. Et moi, que j'sois là ou non, c'qui compte c'est d'la voir. Alors, idem, elle se colle et s'installe entre ma peau et, non la mienne ni la sienne, c'est le néant comblé de l'espace qui ne nous sépare plus que, ensemble j'imagine, nous trouvons doux et aisé. Et moi, que j'sois là ou non, c'qui compte c'est d'la sentir. Je croque son sein léger et elle, croit au destin, je sais. Que j'sois là ou non ce n'est pas le destin, c'est un rêve argenté, un don que m'offre ma pensée. Faustine, réelle mais ailleurs et socle d'un imaginaire halluciné, comme Dieu, pour oublier. Penser Faustine c'est oublier les orbites à la chaîne qui me pousse, ces autres matins, à courir au lieu de luire à feu. Mon Cinéma, et mes Prières ! J'ai vu Dieu quelque fois, lissé en soie d'ici et là, bas, Faustine, ne m'aimant pas, à su, elle seule, m'ouvrir ses bras, de dos, la nuque à l'air et, l'épaule à terre.